«Ça peut vraiment aider quelqu’un» : dans le Val-d’Oise, l’Etablissement français du sang a besoin de vos dons

Sous les projecteurs de l’espace Bernard-Dague de Louvres (Val-d’Oise), il n’y a pas encore de comédiens, mais des blouses blanches. Il y a quelques jours, la salle de spectacle, bien vide depuis le début de la crise sanitaire, accueillait un autre genre de public à l’occasion d’une collecte organisée par l’établissement français du sang (EFS). Les plus de 80 créneaux ouverts de 15 heures à 19h30 ont tous été pourvus par des donneurs. Une bonne nouvelle pour l’EFS car les besoins sont toujours là. « Ils ont un peu ralenti avec les déprogrammations de chirurgie au printemps dernier mais pas longtemps car l’activité a rapidement repris, confirme le Dr Ahmed Slimani, responsable des prélèvements de l’EFS Ile-de-France. De plus, nous avons de façon continue des gens qui ont besoin d’être transfusés très régulièrement. »

1 700 dons par jour nécessaires en Ile-de-France

Des dons tout particulièrement indispensables en Ile-de-France puisque la région n’est pas autosuffisante et nécessite à elle seule 1 700 dons par jour. « On ne prélève que 60 % de nos besoins, le reste vient de province, explique le médecin. Le souci est que quand elle est en difficulté, on l’est forcément. » Les prélèvements peuvent se faire dans les maisons du don départementales comme celle du Val-d’Oise, située au sein de l’hôpital René-Dubos de Pontoise, mais aussi lors des collectes mobiles.

Et face aux conséquences du Covid, l’établissement a dû s’adapter pour pouvoir les maintenir. « Nous ne pouvions plus faire de collectes dans les entreprises puisque les salariés étaient en télétravail, ni dans les facs où les étudiants et enseignants étaient en distanciels », précise le médecin. Il a donc fallu miser sur le troisième pilier des collectes mobiles : les mairies. « Elles ont répondu présent pour mettre à disposition des salles plus grandes et plus fréquemment. Dans certaines communes, nous sommes passés de deux collectes par an voire 4 ou 5 parfois, poursuit-il. Il y a eu un vrai un effort de solidarité. »



Ainsi, rien qu’en mai en Ile-de-France, pas moins de 191 sont au programme : 14 à Paris, 21 dans les Hauts-de-Seine, 19 en Seine-Saint-Denis, 23 dans le Val-de-Marne, 35 en Essonne, 37 dans les Yvelines 42 en Seine-et-Marne et 23 dans le Val-d’Oise.

Pour donner son sang, il faut désormais prendre rendez-vous. Un système mis en place « en urgence » dès le premier confinement pour permettre de poursuivre les collectes. « Il s’agit d’éviter les attroupements pour protéger les donneurs, les bénévoles et les personnels. Cela a également permis de fluidifier le parcours du donneur », se réjouit le Dr Ahmed Slimani.

Les plus de 80 créneaux ouverts de 15 heures à 19h30 ont tous été pourvus par des donneurs.
Les plus de 80 créneaux ouverts de 15 heures à 19h30 ont tous été pourvus par des donneurs.  Anne Collin

Malgré tout, la crise sanitaire n’a pas été sans conséquence sur les niveaux de dons. « Avec la réouverture progressive, cela a été plus difficile car les gens ont été occupés, ont saisi l’occasion de s’évader après ces mois si particuliers… Mais du coup en août, nous avons dû lancer un appel national en urgence, c’était la première fois depuis dix ans », rappelle le spécialiste.

«Je serai bien content qu’il y ait des dons des autres»

Aujourd’hui, la situation reste « fragile ». « Nous restons très vigilants pour ce mois de mai traditionnellement difficile avec les jours fériés, prévient le soignant. Mais notre crainte reste la désertification avec le déconfinement et les départs en vacances de cet été. »

À Louvres ce jour-là, on retrouve des donneurs de longue date, comme Théo. « Au début, cela me faisait un peu peur et puis j’ai commencé à l’armée. Un jour en opération, j’ai dû donner mon sang à un collègue blessé. J’ai alors compris l’importance du don et depuis je donne dès que je peux », explique-t-il. Kevin, lui, est donneur depuis neuf ans. « Je me dis que ça peut vraiment aider quelqu’un et si un jour j’ai besoin je serai bien content qu’il y ait des dons des autres », sourit le trentenaire.

Certains sont aussi de nouveaux donneurs, à l’image de Karine, 43 ans : « Ça ne coûte vraiment pas grand-chose et c’est une façon d’être solidaire. Je me dis que c’est important surtout dans des périodes comme celle que l’on vit. »

Les prochaines collectes mobiles dans le Val-d’Oise : ce jeudi, à la maison de quartier de la Challe à Éragny et à l’espace Marcel-Pagnol de Villiers-le-Bel, ce vendredi à la salle des fêtes d’Eaubonne, ce dimanche au centre culturel du parc.

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