Féminicide de Hayange : le suspect mis en examen et incarcéré
L’homme soupçonné d’avoir poignardé à mort sa compagne Stéphanie, dimanche soir, dans une rue de Hayange (Moselle), a été mis en examen mercredi soir pour « homicide volontaire par conjoint », selon le parquet de Metz. Il a été placé en détention. Ce réfugié politique serbe de 23 ans avait été interpellé quelques heures après le drame. La jeune femme était décédée dans la nuit. Une femme d’une quarantaine d’années chez qui il a été interpellé lundi lors de sa fuite a quant à elle été mise en examen pour « soustraction d’un criminel à l’arrestation ou au recherches ». Elle a été placée sous contrôle judiciaire..
La survenue de ce drame a poussé le gouvernement à lancer une mission d’inspection pour déterminer s’il y aurait eu des dysfonctionnements. Le suspect se trouvait effectivement en détention à domicile sous surveillance électronique et était connu pour des faits de violence.
Rassemblement à Hayange en hommage à Stéphanie
Le 14 janvier dernier, la victime avait déposé une main courante à l’encontre de son compagnon. Une plainte l’avait précédée le 26 novembre dernier. Deux actes qui n’ont pas été portés à la connaissance de la justice, selon le procureur de la République Christian Mercuri. S’il avait été identifié comme un conjoint violent, « le suspect n’aurait pas reçu un aménagement de peine au domicile conjugal », soutenait encore le procureur mardi, qui a écarté tout dysfonctionnement de l’appareil judiciaire.
Plusieurs centaines de personnes ont participé mercredi en fin d’après-midi à une marche blanche à Hayange (Moselle) pour rendre hommage à Stéphanie Di Vincenzo, victime d’un féminicide dans la nuit de dimanche à lundi. A l’appel du maire (RN) de cette cité ouvrière, Fabien Engelmann, les participants se sont rassemblés à 18h00 devant l’hôtel de ville où un calicot « Hommage à Stéphanie. Non au laxisme » a été suspendu sur le fronton, au-dessus de la devise républicaine. « C’est le cœur lourd que nous sommes réunis ce soir », a déclaré Fabien Engelmann, aux côtés de la famille de la victime, jeune femme de 22 ans.
« C’était un homme violent, un homme comme ça ne doit plus sortir de prison », a dénoncé pour sa part la grand-mère de Stéphanie, qui a pris la parole devant la foule. Une photo de Stéphanie ainsi qu’un bouquet de roses blanches ont été déposés sur le parvis de l’hôtel de ville. Puis le cortège, famille et élus ceints de leur écharpe tricolore en tête, s’est élancé sous un ciel de plomb, des femmes portant des affiches pour dire « stop aux violences conjugales ».