Théâtre à Paris : les levers de rideau vont enfin se multiplier à partir du 9 juin
Dans le théâtre public beaucoup, un peu moins dans le privé où quelques salles s’étaient néanmoins lancées : les planches avaient déjà commencé à chauffer depuis le 19 mai. Avec une certaine réussite pour les téméraires qui avaient fait fi d’une jauge riquiqui de 35 %. Le Funambule a renoué dès le 19 et ne le regrette « absolument pas », souffle Julien Héteau, son directeur : « Parce que nous sommes complets tous les soirs, à 35 % de jauge, bien sûr, mais quasiment aussi pour les dates qui viennent. Et surtout pour la joie que ça a apporté aux équipes et aux spectateurs. »
« On constate beaucoup de gentillesse et de chaleur humaine dans le public, il y a un commencement de retour à la vie », note aussi Bertrand Thamin, directeur du Petit Montparnasse, complet tous les soirs avec une création, « Saint Ex à New York ». À partir de mercredi, il retrouve une double programmation avec « L’un de nous deux » à 19 heures et son « Saint Ex » à 21 heures. « Et les locations sont plutôt bonnes pour la suite », se réjouit-il. Économiquement, avec un ticket moyen supérieur « de l’ordre de 24 euros au lieu de 16 », le Funambule s’y retrouve. « Les gens n’ont pas cherché les billets les moins chers et même ceux qui avaient droit à des réductions les refusaient pour nous soutenir », précise Julien Héteau.
Rires et émotions
Au menu des réjouissances à venir à Paris, certaines qu’on a déjà vues. « Dernier coup de ciseau », un policier dont vous êtes, en partie, le héros (Les Mathurins, dès le 9 juin), « Le Porteur d’histoire », la petite pépite qui a mis Alexis Michalik en orbite (Les Béliers, dès le 9) ou encore « Kean », de Sartre, qu’Alain Sachs reprend à l’Atelier avec panache, promet émotions et rires (à partir du 10 juin).
À la Comédie Française, « La Puce à l’oreille », de Feydeau, a rouvert la salle Richelieu après 15 mois, tandis qu’au Rive Gauche, « Le Petit coiffeur », de Jean-Philippe Daguerre, l’auteur de « Adieu Monsieur Haffmann », fait résonner la petite histoire dans la grande, et vibrer les cordes sensibles. À La Scala, le Belge Jos Houben dissèque dans « L’art du rire » les mécanismes du rire. Et c’est tordant (11, 12 et 26 juin).
Et puis il y a celles qu’on n’a pas encore vues, mais qu’on conseille parce qu’on connaît les artistes ou qu’elles intriguent. Le spectacle musical « Exit », dans le petit mais sacrément costaud théâtre de la Huchette. « Le DJ set littéraire de Beigbeder », au Bataclan, objet scénique pas vraiment identifié que met en scène Jérémie Lippmann (Les 11 et 12 juin).
On s’aventure encore voir « Tout le monde ne peut pas être orphelin », de Jean-Christophe Meurisse et les Chiens de Navarre, qui, à leur manière toujours haute en couleur, radicale et hilarante, se proposent de dynamiter la famille (Bouffes du Nord, du 11 juin au 4 juillet). Enfin, à la Comédie Française encore avec « Le Bourgeois gentilhomme », de Molière (à partir du 18 juin), pour lequel Christian Hecq et Valérie Lesort promettent une ambiance tonitruante, tonique et balkanique. On a hâte.