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JO de Tokyo : Renaud Lavillenie n’ira «pas aux Jeux pour être deuxième»

Avec l’âge, il a appris à être patient. Alors que Renaud Lavillenie avait renoué avec les 6 m cet hiver à la perche (6,02 en janvier, puis 6,06 m en février), il avait dû renoncer aux Championnats d’Europe en salle, en mars, à cause d’une blessure au mollet. « J’avais eu deux ou trois petites alertes en début d’année, mais comme je faisais de bonnes performances, je me suis dit que ce n’était pas grave et j’ai sauté, malgré cette zone de fragilité, admet le perchiste de 34 ans. Ce rappel à l’ordre et ce manque de vigilance m’ont permis de comprendre que je n’avais plus 20 ans. »

C’est une nouvelle fois dans son fief de Clermont-Ferrand que le Français s’est reconstruit, entre soins quotidiens et préparation physique. « Je n’ai plus de séquelle, je n’ai plus de douleur particulière, le mollet est nickel, mes premières séances de perche ont été bien meilleures que prévues, décrit le perchiste. J’ai connu des reprises plus poussives… »

Dimanche, lors d’un concours à Poznan (Pologne) qui s’est éternisé, le perchiste a coincé à 5,55 m, une semaine après avoir franchi 5,80 m lors de sa reprise. « Oui, j’ai 34 ans, mais je retrouve des repères qui me permettent de viser ce que je réalisais cet hiver, assure-t-il. Cette blessure m’a handicapé six semaines, mais ces performances au-delà des 6 m sont dans la tête. Le corps n’a pas oublié. Quand je vois ce que j’ai réussi cet hiver après des saisons compliquées, je ne suis pas sous pression, au contraire. »

Porte-drapeau ? « La cerise sur le gâteau »

Même s’il saute dimanche 20 juin à Chorzow (Pologne), Renaud Lavillenie ne croisera Armand Duplantis, dit « Mondo », qui culmine déjà à 6,10 m, que le 1er juillet, lors du meeting d’Oslo. Soit quelques semaines avant la grande confrontation olympique. « En étant lucide, si les Jeux avaient eu lieu en 2020, j’aurais pu jouer la médaille de bronze et, dans un grand jour, l’argent, mais guère plus. Un an après, avec mes performances de l’hiver, c’est différent. Mondo est clairement capable de sauter plus haut que moi, mais je ne vais pas me dire que je vais aux Jeux olympiques pour être deuxième ! L’objectif est de me battre pour l’or. Mais à Tokyo, je serai l’outsider, pas le favori. »

Pour ses troisièmes Jeux olympiques, Renaud Lavillenie se verrait bien aussi endosser le rôle de porte-drapeau. Ce sont des athlètes français qui voteront début juillet pour élire un sportif et une sportive. « Ce serait la cerise sur le gâteau, un bonus chargé de symboles, avoue l’athlète. Je serais très honoré, très heureux, mais, si ça n’arrive pas, ce ne sera pas grave. Il y a tellement de belles choses à vivre aux Jeux olympiques. » Renaud Lavillenie en sait quelque chose, lui qui avait décroché l’or à Londres en 2012, puis l’argent, quatre ans plus tard, à Rio.