Une personne sur dix sera touchée par un trouble post-traumatique au cours de sa vie suite à un accident, un attentat, une agression physique ou sexuelle ou encore un suicide familial. Pathologie reconnue, ces patients doivent évoluer dans une société truffée d’images violentes, notamment au cinéma ou dans les séries télévisées alors qu’ils ont besoin de se remettre. Étudiant à Reims au sein du programme Tema de Neoma Business School pour décrocher un Master 2 Management orienté vers l’innovation et le digital, le Rouennais Arthur Perry a donc développé « une extension web personnalisable que l’on ajoute aux navigateurs Google, Chrome, Firefox, etc. Elle s’appelle Triggerstop et fonctionne pour le moment avec la plateforme Netflix ».
Communautaire, le but de Triggerstop est d’éviter aux personnes atteintes de troubles post-traumatiques ou phobiques de visualiser certaines scènes : « Souvent, ils craignent d’être confrontées à la mort, le suicide, le sang, l’alcoolisme, la drogue, etc. Alors, dans mon profil, j’ai la possibilité pour le moment de sélectionner les triggers (NDLR. De l’anglais déclencher, provoquer quelque chose) refusés dans une liste basée sur les données de psychologues.
Au fil du temps, un peu comme les alertes de Waze ou Coyote, la communauté signale les moments traumatisants avec un simple bouton. « Quand je regarde la scène, un message m’avertit si je veux la passer ou continuer. C’est simple ! », détaille Édouard Perry.
Bientôt sur les smartphones et tablettes
Lancé il y a deux mois et demi, déjà près de deux cents inscrits « ont trouvé un véritable intérêt. J’ai continué à faire progresser l’extension avec un mode clair et sombre. Pour le moment, elle fonctionne sur les ordinateurs. Elle sera disponible d’ici la fin de l’année sur les smartphones et les tablettes et ensuite sur les téléviseurs », complète le développeur. Le tout gratuitement, « car j’ai du mal à me dire que je vais faire payer un service qui peut aider les autres. J’ai proposé à Netflix une collaboration, mais je n’ai pas eu encore de retour ».
En attendant, l’étudiant poursuit son travail pour expliquer par écrit dans une fenêtre les scènes évitées, rendre l’extension compatible avec d’autres plateformes et notamment Amazon Prime, prévenir la communauté quand un film ou une série n’a pas encore été traité « et simplement éviter de spoiler la fin ».
