Les gendarmes avait dû tirer pour l’arrêter : le conducteur forcené de Méru en détention
Ce vendredi, le tribunal de Beauvais a ordonné le placement en détention provisoire de Bilal O., le conducteur qui avait forcé plusieurs barrages de gendarmerie dans la nuit de dimanche à lundi. Ayant sollicité le renvoi de l’audience lors de sa comparution immédiate, il sera jugé le 30 juin prochain. En attendant, il a été transféré à la maison d’arrêt de Beauvais, où il sera examiné par un médecin, en raison de la blessure par balle à l’épaule occasionnée par le tir d’un gendarme qui tentait de le stopper.
Cette nuit-là, Bilal O. avait refusé un contrôle des forces de l’ordre à la cité de la Nacre, à Méru. L’homme de 39 ans, au volant de sa Peugeot 307, avait poursuivi sa route à toute vitesse direction la gare de la commune. Malgré plusieurs tentatives pour l’arrêter, dont une herse qui a crevé deux de ses pneus, le conducteur a poursuivi sa route. Au bout d’un troisième barrage, les militaires parviennent enfin à la hauteur de Bilal O. Mais celui-ci décide de redémarrer mettant en danger les gendarmes présents et forçant l’un d’eux à faire usage de son arme.
« Des faits d’une gravité extrême »
Celui-ci parviendra encore une fois à s’enfuir, malgré sa blessure, avant de percuter un véhicule de gendarmerie, ce qui l’oblige à s’arrêter. « Des faits d’une gravité extrême », commente la procureure, Amandine Scotto, qui a requis son placement en détention notamment pour « éviter toute pression éventuelle sur les témoins ou les victimes » et pour le garder « à la disposition de la justice » : « On a bien vu qu’il n’a pas hésité à poursuivre sa fuite malgré des pneus crevés ou une balle dans le bras ». Demande suivie par le tribunal, malgré celles de Me Maxence Sarlin, qui réclamait pour son client un contrôle judiciaire, estimant que la prise en charge médicale du prévenu serait meilleure « dehors » qu’en détention.
Bras en écharpe sous son t-shirt, Bilal O. plisse les yeux de douleur à chaque mouvement qu’il effectue dans le box des prévenus. « Je suis dans un état critique, je n’arrive même pas à dormir », s’est plaint le prévenu qui a demandé le renvoi, visiblement en souffrance et en l’absence de son avocat habituel, Me Paul-Henri Delarue. Si les raisons de sa fuite sont encore floues, on sait désormais que l’homme était positif au cannabis et présentait un taux de 1,81 g d’alcool par litre de sang. Et que l’homme est loin d’être inconnu de la justice. Vols avec violence, délit de fuite, violences aggravées, menaces de mort… Depuis 2001, son casier judiciaire s’est enrichi de 24 mentions.