Paris : un hôtel transformé en pension de famille pour les personnes en difficulté

Le 113 boulevard de Ménilmontant va changer, entamer sa mue. Le bâtiment, acheté par Hénéo un bailleur social, filiale de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), va devenir une pension de famille. « Il s’agit d’un projet social et solidaire qui permet de conserver l’immeuble ancien, caractéristique de l’architecture parisienne. De plus les hôtels se prêtent bien à ce type de travaux, c’est simple de transformer des anciennes chambres en petits logements individuels », souligne Laurent Vuidel président d’Hénéo.

Offrir une pause aux familles précaires

Ensemble de petits logements au loyer abordable, combinant espaces individuels et collectifs, les pensions de famille s’adressent aux familles monoparentales, à faible niveau de revenu, en situation d’isolement ou d’exclusion sociale. Des hôtes y animent la vie collective, encadrent aident et soutiennent les occupants dans leurs démarches. « La pension accueille des personnes qui ont un passé difficile et qui ne parviennent pas à vivre dans la solitude, la vie en semi-communauté proposée par la pension s’accorde bien avec leurs profils », poursuit Laurent Vuidel.

Ce projet n’est pas isolé, il répond à la volonté de la capitale de créer d’ici 2026, une pension de famille par arrondissement de manière à venir en aide aux plus démunis et à lutter contre la précarité. « La Ville de Paris est très attachée à loger les plus fragiles notamment les personnes à la rue. Notre conviction c’est qu’aujourd’hui il est possible de leur trouver un logement sans passer par tout un tas d’étapes administratives intermédiaires », souligne Ian Brossat, adjoint (PCF) en charge du logement, de l’hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés.

Un projet différent en attendant le début des travaux

Si la pension ne sera prête qu’en 2024, le Président d’Hénéo, ne souhaite pas pour autant laisser les murs vaquant. S’inscrivant dans un projet intercalaire – occupation temporaire de locaux qui s’intercale entre une démolition ou un début de travaux de projet définitif – l’établissement revêt une autre casquette pour patienter, celle d’une structure conçue pour venir en aide à des femmes et des enfants vivant à la rue sans ressource. Ce projet mis en place par l’association Basiliade porte le nom de maison des F&ES (femmes et enfants) et est né à la suite de la crise sanitaire, lorsque le besoin urgent de mise à l’abri de ces personnes en situation précaire s’est fait ressentir. « C’est la 4e maison que nous ouvrons en seulement quelques mois, un projet rendu possible grâce à nos partenaires : la DRIHL, l’ARS ou bien encore la Ville de Paris », détaille Samir Baroualia, directeur de Basiliade. Denise Claire Bella, une résidente, est d’ailleurs heureuse de pouvoir bénéficier de ce dispositif : « J’ai connu la rue, j’ai connu la couchette à l’hôpital, j’ai connu les centres d’hébergements, j’ai tout connu, donc aujourd’hui je remercie la France et je remercie l’association Basiliade qui ont conjugué leurs efforts pour nous proposer ce confort ».

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