Clairefontaine, du pavillon de chasse au château de l’équipe de France
On y compte neuf terrains de foot, sept résidences d’hébergement pour 200 chambres dont 110 de standing, un auditorium, un centre médical, un espace de muscu, kiné et balnéo ou encore une dizaine de salles de réunion… Le tout sur un domaine de près de 60 hectares de verdure bien caché à l’abri des regards, sur la crête nord de la vallée. Au château de Montjoye – ou Montjoie –, où trône fièrement depuis 1998 une reproduction XXL de la Coupe du monde, tout est aujourd’hui fait pour le football.
Mais on est loin de la vocation première des lieux. La résidence des Bleus a en fait presque 200 ans. Il s’agissait initialement d’un modeste pavillon de chasse, bâti en 1830 et dénommé « Mon Jouet ». Agrandi par ses propriétaires successifs, il ne prend vraiment ses lettres de noblesse qu’à la fin du XIXe siècle. Mais c’est en devenant la propriété de l’aristocrate anglais Henry Noailles Widdrington Standish vers 1910 que le bâtiment prend le visage qu’on lui connaît aujourd’hui, avec sa façade sud érigée dans le pur style britannique.
On y soigne les blessés de la Première Guerre
Durant la Première Guerre mondiale, le château accueille les blessés de guerre arrivant de Rambouillet, et ce aux frais de la famille Standish, également bienfaitrice de l’église du village. Il est ensuite loué puis acquis au début des années 1920 par le banquier André Lazard, passionné de chasse et d’art floral. Ses orchidées obtiennent d’ailleurs une véritable renommée. Face aux besoins énergétiques, le château de Montjoye se voit alors doté de sa propre centrale électrique qui assurera l’alimentation jusqu’à la fin des années 1950.
C’est en 1983 que la FFF, à la recherche d’un site destiné à développer tout l’aspect technique du foot français, se porte acquéreur des lieux. Le centre est officiellement inauguré le 11 juin 1988 en présence de François Mitterrand et de João Havelange, président de la Fifa.
Le château de Montjoye n’est pas simplement la résidence et le lieu d’entraînement des équipes de France. On y forme aussi les arbitres français, et surtout les jeunes pousses du foot tricolore au sein de l’Institut national du football (INF). Parmi les joueurs à avoir fait leurs classes à Clairefontaine, on trouve Thierry Henry, Nicolas Anelka, Hatem Ben Arfa, Blaise Matuidi ou encore un certain Kylian Mbappé.