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Orages à Beauvais : 24 heures après «l’apocalypse», les habitants toujours traumatisés

Le jour d’après. Vingt-quatre heures après « l’apocalypse », Beauvais (Oise) et ses habitants sont toujours sous le choc. L’annonce du décès du jeune lycéen ce mercredi a transformé la tempête en tragédie. Les trottoirs jonchés de détritus, de meubles détruits sont là pour montrer l’étendue des dégâts.

À part Argentine et Notre-Dame-du-Thil, tous les quartiers de la ville préfecture sont touchés. Ce mercredi, la municipalité attendait toujours l’officialisation du classement en « catastrophe naturelle ». Elle a par ailleurs confirmé la réouverture, ce jeudi, des quatre écoles fermées depuis mardi.



Dans la rue des Cheminots, en bas du quartier Voisinlieu, les traces de la coulée de boue sont toujours présentes. « On a tout perdu », indique Corinne. Dans la pièce principale, seuls quelques meubles ont survécu. « Ça a commencé par une petite flaque sous la porte, dix minutes après, on avait 60 cm d’eau dans la pièce et tout flottait. On est marié depuis 35 ans, c’est une grande partie de nos souvenirs qui ont été détruits. »

«On va avoir peur à chaque orage maintenant »

Un peu plus loin, dans le bâtiment tout neuf de la clinique du Parc, le personnel s’active pour réparer les dégâts. « Même les membres de la famille des salariés sont venus donner un coup de main », salue Mourad Lakhdari, directeur médical de la clinique. « L’eau s’est engouffrée et a noyé la pharmacie, la biologie, les cabinets de consultation, une partie des archives, raconte-t-il. Il y avait 60 cm d’eau, le système informatique, la téléphonie, le chauffage étaient aussi hors service. » Pourtant, la clinique était opérationnelle dès le mardi matin. « Nous avons pu effectuer toutes les opérations chirurgicales prévues, précise Mourad Lakhdari. Nous avons également mis à disposition de l’hôpital deux salles d’opération. » Le directeur a réactivé le plan Blanc, suspendu la semaine dernière après plusieurs semaines de crise sanitaire.

Beauvais, ce mercredi. Les salariés de la clinique du Parc s’activent pour nettoyer le nouveau bâtiment noyé sous 60 cm d’eau lundi soir. Patrick Caffin

À Saint-Lucien, les habitants avaient été relativement épargnés par l’orage dantesque. Mais ils n’ont pas échappé à la crue du Thérain mardi soir. « On avait eu un peu d’eau lundi, confirme Aurélie. En rentrant du travail, la chaussée Feldtrappe était devenue un torrent. C’est monté jusqu’à 1 heure du matin la nuit dernière. On va avoir peur à chaque orage maintenant. »

La rue Fenot est toujours en partie immergée. Comme les maisons qui la bordent. « On nous a évacués hier (NDLR, mardi) avec la crue du Thérain, raconte Philippe. Mon sous-sol est noyé et c’est 35 ans de matériel amassé qui vont être à jeter. » Plus loin, des gens du voyage sédentaires ne décolèrent pas. « Ils ont coupé les vannes des canaux sans nous prévenir, alors forcément le Thérain a débordé, accuse Thierry. On a eu le temps de sortir deux caravanes mais on a perdu un chalet et un mobile-home. » Dans l’impasse Demorlaine, Philippe montre un trou béant dans la berge. « C’est une rue historique de Beauvais et jamais l’eau n’est montée comme ça depuis 1840, raconte le riverain. La berge s’est affaissée d’un coup et il y avait deux trous qui formaient comme des jets d’eau. »