Violences conjugales : la procureure de Meaux réclame des moyens humains pour mieux lutter contre les violences conjugales

Leur parole est rare mais il semble que la situation les pousse à réagir. Dans toute la France, de nombreux procureurs de la République ont pris la plume pour réclamer au ministère de la Justice des moyens humains supplémentaires. Et, ce, afin de mieux lutter contre les violences conjugales.

Ces magistrats – chargés de mettre en oeuvre la politique pénale – rappellent que la mise en œuvre des dix circulaires diffusées depuis début 2020 sur ce sujet repose pour l’essentiel sur leurs épaules. Concernant la justice de proximité, leurs parquets ont été dotés de moyens pour développer de nouvelles actions, destinées à lutter contre la petite délinquance, et pour renforcer la qualité des relations avec les élus locaux. Les procureurs veulent « la même chose » pour combattre le fléau des violences conjugales.

Parmi eux, Laureline Peyrefitte, la procureure de Meaux, également membre élue au sein du conseil d’administration de la Conférence nationale des procureurs, a tenu elle aussi à prendre la parole via un communiqué : « La lutte contre les violences conjugales est l’une de nos priorités majeures. Nous mettons en oeuvre de multiples actions en la matière ».

Ce qui ne permet pas d’éviter les drames, qui parfois engendrent des missions d’inspection lancées par le gouvernement en cas d’éventuel dysfonctionnement. Raison pour laquelle ces procureurs en colère exigent que chaque parquet soit doté d’assistants spécialisés ou de juristes assistants, dédiés spécifiquement à cette grande cause nationale, réclamant au passage le renforcement des effectifs de greffe et de magistrats.

Des dizaines voire des centaines de décisions par jour

La procureure de Meaux tient à rappeler – chiffres à l’appui – le quotidien des magistrats, des greffiers et des fonctionnaires au sein des juridictions. « Selon la Commission européenne pour l’efficacité de la Justice, les procureurs français sont à la fois presque les moins nombreux des 47 pays du Conseil de l’Europe en proportion de la population, mais aussi ceux qui traitent le plus de procédures et ont le plus de missions ».

Selon le rapport de cette commission, rendu en octobre 2020, la France consacre à son système judiciaire 70 euros par habitant (0,2 % du PIB) alors que la moyenne s’établit à 84 euros (0,32 % du PIB) dans les pays ayant un PIB par habitant équivalent à celui de la France. « Les parquets traitent chaque jour des milliers de procédures dans l’urgence, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ils prennent, chaque jour, chacun, plusieurs dizaines voire centaines de décisions », rappelle Laureline Peyrefitte.

Avant d’évoquer plus spécifiquement le parquet de Meaux, où chaque jour sont décidés des jugements rapides des auteurs et des remises de téléphone grave danger aux victimes. Sans oublier les partenariats développés au cours de l’année écoulée avec la police et la gendarmerie, les associations d’aides aux victimes, les médecins, les collectivités territoriales ou encore les services d’insertion et de probation. Deux conventions ont récemment été signées, l’une avec l’Ordre des médecins, l’autre sur les boutons d’alerte.

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