Bois-Colombes : la friche artistique se déconfine
« Avec la crise sanitaire, on a dû faire l’impasse sur trois expos ou journées portes ouvertes. Pas question de rater cette opportunité ! » Pour Laetitia Blivet, chargée des expositions à Bois-Colombes, ce week-end est en plus l’occasion de « tisser des liens ». Ce vendredi, jusqu’à 22 heures, et samedi, de 14 heures à 20 heures, la friche d’artistes de la rue de l’Abbé-Glatz accueille ses confrères du Carré des artistes de Colombes et ouvre ses portes au public.
Au total, 17 artistes, peintres, graffeurs, photographes, plasticiens avec toutes les nuances que cela comporte, font découvrir leur univers. Certains sont reconnus et professionnels, et exposent dans des salons en France et à l’étranger.
La friche se trouve sur un terrain appartenant à la ville. Il a jadis été occupé par des locaux municipaux. En attendant la construction d’un vaste complexe de tennis, il a été mis à disposition, en 2018, des artistes locaux. Très vite, le « 136 Abbé-Glatz » est devenu une ruche partagée par des créateurs œuvrant dans des disciplines différentes et parfois complémentaires.
Une œuvre réalisée en direct
Les travaux du tennis ne devant pas commencer avant l’année prochaine, l’équipe a encore un an de répit. « Après, on leur trouvera d’autres locaux. On doit conserver cette dynamique », indique la ville.
« Ce week-end, c’est vraiment notre renaissance. On a attendu ce moment depuis des mois », trépigne « Bobby Harris », graffeur et créateur sous verre. Toute la journée de samedi, cet expert de la bombe de peinture participera, avec quatre autres graffeurs dont son compère Jack, Jape, le renommé Dize et Philippe Toumire, à la réalisation en direct d’une œuvre sur un mur immaculé. « L’idée, pour le public, est de découvrir des artistes en pleine création et de voir comment ils travaillent », ajoute une des organisatrices.
Philippe Toumire a rejoint la friche il y a deux ans. Sa spécialité ? Des peintures de canards que les acheteurs sont invités à abandonner dans la nature lors de leurs voyages et à photographier, un peu comme les nains de jardin d’Amélie Poulain. Aujourd’hui, 48 de ses canards quadrillent ainsi la planète, d’Ibiza à Phuket en passant par la Somalie !
« C’est une belle session de rattrapage ! »
Dans un local voisin, des peintres du Carré des artistes de Colombes s’apprêtent aussi à rencontrer le public. Artiste peintre professionnel depuis six ans, Patrick Fuvel travaille sur la superposition et le « figuratif cinétique » : ses créations donnent une impression de relief et de mouvement.
« On a été privés d’expos pendant si longtemps, soupire-t-il. Tous les salons, comme celui d’Aix-en-Provence au printemps, ont été annulés. Cette friche est un endroit formidable où on sent qu’on aime les artistes. C’est une belle session de rattrapage ! »
Les curieux pourront encore découvrir les pastels plus vrai que nature de Nicolas Neyman, qui crée sur la friche et expose rue Mertens, les créations de la plasticienne Débora Bertol, qui mêle mathématiques et astronomie à son art, ou encore le travail de Zouhir Ibn el Farouk, qui explore, à travers la photo expérimentale, « la substance et la matérialité de ce médian ».
Rendez-vous au 136, rue de l’Abbé-Glatz, à Bois-Colombes. Ce vendredi 11 juin, de 19 heures à 22 heures et samedi 12, de 14 heures à 20 heures.