Val-d’Oise : les orchestres Demos se déconfinent en scène après une année difficile

Un enthousiaste « Bella ciao » résonne dans l’espace Charles-Aznavour d’Arnouville. Comme un symbole pour l’avenir, ce sont les 105 enfants de l’orchestre Demos Roissy-Pays-de-France qui ont fait revenir la musique dans la salle d’Arnouville, dimanche, pour une représentation au goût particulier.

En écoutant la prestation de ces musiciens en herbe âgés de 7 à 12 ans et parfois pas beaucoup plus grands que leur instrument, on devine l’ensemble des aménagements mis en place par les responsables de Demos durant la crise sanitaire.

Car Demos (Dispositif d’éducation musicale et orchestrale à vocation sociale), projet de démocratisation culturelle porté par la Philharmonie de Paris, n’a pas été épargné par les contraintes sanitaires durant les derniers mois. Et il a fallu s’adapter. Au programme : visioconférences et cours à distance, en petits groupes, avant une reprise en présentiel.

« Pendant le deuxième confinement, cela s’est passé très différemment au niveau national en fonction des partenaires et des territoires puisque chacun avait des consignes différentes », souligne Anne-Cécile Nunès, coordinatrice nationale de Demos.

« C’était bien aménagé », selon des parents

Sur le territoire de Roissy-Pays-de-France, des ateliers ont pu être maintenus, sous différentes formes. « On a repris la visioconférence avec les enfants, déjà établie au premier confinement. Dès que l’on a pu reprendre en présentiel avec les intervenants, on l’a fait, même si c’était parfois en demi-groupe. »

« Sur cet orchestre, on a quand même eu un suivi régulier des jeunes sur toute la période », note la responsable. « C’était un peu compliqué de s’organiser, mais on a pu suivre, souffle ainsi Amène, 13 ans, de Gonesse. Et ça donnait encore plus envie d’être ensemble et de partager. » « C’était bien aménagé, glissent Shirley et Alexandre, les parents de Tya, 9 ans, de Fosses. Au final, ça ne l’a pas trop chamboulé. »

D’autant que le dispositif a tiré parti du premier confinement. « On a toujours essayé de garder le lien avec les enfants, que ce soit via les réseaux sociaux, la visio ou la plateforme en ligne créée au printemps dernier, reprend Anne-Cécile Nunes. On avait mis à disposition les quelques tablettes que l’on avait. Des collectivités s’étaient aussi équipées avec des salles avec des ordinateurs où un ou deux enfants pouvaient venir suivre leur cours en ligne ».

Les orchestres maintenus durant la crise

Pendant cette période, les enfants ont tout de même pu jouer en orchestre, en version quelque peu réduite cependant. « On n’a pas pu faire jouer tous les sept groupes ensemble mais on a pu maintenir des orchestres car c’est très important le collectif. Et il y a eu aussi le travail individuel qui a permis aux enfants de progresser ».

Et grâce aux assouplissements de protocoles, la centaine d’enfants a pu répéter tous ensemble avant le grand concert de dimanche. « Un moment fédérateur qui n’a malheureusement pas pu avoir lieu l’an dernier », se réjouit Anne-Cécile Nunès.

Il faut dire que les enfants de Roissy-Pays-de-France sont restés très mobilisés. Peu ou pas de décrochage sur le territoire. Ce qui ne fut pas forcément le cas à l’échelle nationale. « Le lien avec les intervenants a été très important. Ils communiquaient aussi beaucoup avec les familles. Les enfants sont restés très motivés et ce, alors qu’à Roissy, c’était la première année du projet. »

« Tout ce qui était proposé a permis aux enfants de garder le lien avec l’instrument, avec l’enseignant et de continuer à évoluer », souffle Myriam, habitante de Fosses et maman de Selma (11 ans) et Hamza (8 ans), qui jouent respectivement du violon et de l’alto.

Un week-end de concerts à la philharmonie de Paris est désormais programmé les 17-18 -20 juin. « Là encore, on a dû s’adapter pour la forme mais les enfants et les familles vont pouvoir vivre ce moment de concert », souligne la responsable.

Discussions pour prolonger le dispositif de Taverny

Et Demos a déjà l’œil sur l’an prochain. « On commence à préparer la rentrée prochaine mais nous étions un peu suspendus aux annonces. On espère reprendre cette fois de la façon la plus normale possible mais on s’adaptera encore s’il le faut ».

L’Ile-de-France compte 14 orchestres actifs dont deux dans le Val-d’Oise et plus de 45 au niveau national pour un objectif de 60 en 2022. Des discussions sont déjà en cours pour que celui de Taverny, qui arrive sur la fin, soit prolongé. « Toutes souhaitent le reconduire sous une forme ou une autre ».

Un enthousiasme qui se ressent dans les propos des enfants et parents rencontrés à Arnouville, comme Selma. « C’était vraiment une découverte, souffle sa maman, Myriam. Elle veut maintenant essayer le piano. Cela lui a donné le goût de la musique en général. En plus, cela demande de la concentration et beaucoup de discipline, des compétences très utiles à l’école. »

« Avant, je n’écoutais pas de musique classique, explique Yasmine, 11 ans, habitante de Garges et désormais violoniste. Ce n’était pas vraiment mon genre de musique. » De quoi susciter des vocations, à l’image d’Amène, qui a d’ores et déjà prévu de s’inscrire au conservatoire pour continuer à jouer de l’alto.

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