Ligue 1 : vers un passage à 18 clubs, mais seulement en 2023

Ce mercredi, les clubs de Ligue 1 se sont entendus sur un passage de 20 à 18 clubs mais un an plus tard que prévu, selon des informations de L’Équipe. Le quotidien rapporte qu’il y aura quatre descentes en Ligue 2 et deux montées en Ligue 1 au terme de la saison 2022-2023 pour arriver à 18 clubs en L1.

Au sein du collège Ligue 1 réuni ce mercredi, un vote préalable sur le passage à 18 dès 2022-2023 a débouché sur un vote très partagé. Aussi, Vincent Labrune, le président de la LFP, a-t-il proposé de différer l’exécution du projet d’une saison, pour réduire l’anxiété au sein des clubs, et obtenu cette fois un vote favorable à 90%. Le collège de L2, qui s’est tenu ce mercredi après-midi, s’est prononcé en faveur du projet à l’unanimité.

La LFP dit agir par pur pragmatisme. Elle fait valoir que la future Ligue des champions générera plus de matchs à partir de 2024-2025 et que la L1 se doit par conséquent de réduire de son côté le nombre de rencontres.

«Je ne veux pas que l’on passe au forceps»

Le passage à 18 est aussi présenté comme le début d’une solution face à l’énorme manque à gagner qui plombe la Ligue 1 depuis le début de la pandémie, évalué à 1,3 milliard — fonte des droits télé, de la vente de joueurs, du sponsoring et de la billetterie. Dans le même temps, la LFP et les clubs entendent également satisfaire aux conditions de Canal +, principal diffuseur et pourvoyeur de droits télé, partisan d’un championnat plus ramassé. L’enjeu est de convaincre la chaîne de rempiler pour les trois prochaines saisons contre environ 370 millions d’euros annuels et d’emmener avec lui un autre acteur pour diffuser le reste de la L1, en vue de capter au total quelque 570 millions d’euros par an.

Enfin, impossible de chasser l’idée que le partage des ressources à 18 est plus favorable qu’à 20… La Ligue 1 disposant de 55 voix, la L2 de 35, le collège des arbitres et entraîneurs de 10 et la FFF d’une, l’adoption du projet 18 est plus que probable.

« Comme la majorité des clubs, je suis pour le passage à 18, explique le président de Montpellier Laurent Nicollin, qui dirige Foot Unis, la nouvelle instance unique regroupant les clubs de L1 et de L2 au sein de la LFP. Maintenant, je ne veux pas que l’on passe au forceps, en donnant l’impression qu’on s’est réveillés un matin en se disant que c’était la meilleure solution. Il faut aussi faire attention à ne pas rajouter du stress au stress avant une saison qui s’annonce difficile. »

«Décider ça pour dans un an, c’est brutal»

La formule à 18 clubs ne fait pas l’unanimité chez les présidents de Ligue 1 et de Ligue 2. Certains sont contre le principe même, d’autres jugent la concertation insuffisante et la consultation prématurée. « Dans cette affaire, je pense qu’on a triché, donné de fausses informations pour descendre à 18 en L1 et L2, estime Bernard Joannin, président d’Amiens (L2). Je peux me tromper mais je pense que le but final est d’aller vers une ligue fermée, à 5 ans ou à 10 ans. J’entends l’argument de l’importance des matchs de la future C1. Mais 20 % des droits télé à répartir en 18, ça ne changera pas la vie d’un club, ça n’est pas un argument… »

Ce sont les modalités de passage qui suscitent le plus de controverse entre clubs. « Certains veulent quatre descentes, confie Nicollin. D’autres comme moi, veulent trois descentes et un barrage. Ça serait le plus logique. Il y a des risques à voir un club descendre, il y en a moins à ce qu’un autre ne monte pas. » En Ligue 2, le nombre de promus et le format à terme posent question néanmoins. « Beaucoup sont sur les nerfs et ont l’impression d’être sacrifiés pour sauver le soldat Ligue 1, ça peut virer à la foire d’empoigne, prévient un président de L2. Décider ça pour dans un an, c’est brutal. »

Défenseur de toujours d’une Ligue 1 à 18, Frédéric Thiriez, ancien président de la LFP (2003-2016), est bien placé pour témoigner du précédent entre 1997 et 2002 : « Je pense que la France n’a jamais eu les moyens financiers d’avoir 20 clubs dans l’élite, explique-t-il. En 1997, le passage à 18 clubs obtenu par Noël Le Graët (NDLR : président de la Ligue de 1991 à 2000) n’avait qu’une seule motivation : libérer des dates pour l’équipe de France en prévision du Mondial 1998. Le retour à 20 avait résulté d’une décision invraisemblable, sans travail de réflexion préalable. Ensuite, j’avais entrepris de revenir à 18 et ça avait failli passer, à une voix près. Celle de Jean-Michel Aulas à l’époque… » Preuve que les urnes peuvent parfois réserver des surprises.

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