«Pour le masque, je le reconnais, j’ai trop chaud !» : à Pacy-sur-Eure, un bar fermé administrativement et une polémique

Fin de l’euphorie pour le French Pub de Pacy-sur-Eure. Quelques jours à peine après réouverture partielle, tables et chaises de cet établissement, déjà fermé administrativement en décembre dernier, ont été remisées en salle. Le French Pub fait l’objet d’une fermeture administrative de 30 jours depuis le 26 mai.

L’arrêté de fermeture tient compte de rapports de gendarmes ayant constaté le regroupement de personnes devant les lieux en novembre 2020 durant le deuxième confinement, l’organisation d’une soirée dans l’établissement le mois suivant, une nouvelle « présence de clients en son sein » le 18 décembre et la réunion, le 24 mai, de neuf clients « autour d’une table à l’intérieur de l’établissement en train de consommer » (alors qu’il n’est possible de consommer qu’en extérieur jusqu’au 9 juin) ainsi que « le port du masque de protection sous le menton » par le gérant.

Pour Jérôme Morel, le patron du French claquemuré dans son bar, le coup est dur à encaisser : « Les gendarmes étaient en voiture, ils ne pouvaient pas voir à l’intérieur du pub de cet angle de vue. Et pourquoi irais-je recevoir du public en salle alors que je dispose d’une terrasse intérieure ? »



« Pour le port du masque, je le reconnais, j’ai trop chaud ! », avoue néanmoins le gérant, en observant, derrière son rideau baissé, une voiture de gendarmerie traverser la rue. Le commerçant récalcitrant estime que la municipalité de Pacy devrait réagir : « J’accuse seulement la mairie d’être dans l’inaction. On fait fermer un bar en particulier et pas de soutien. Alors qu’on me met en danger financièrement ».

« Vous trouvez ça normal ? »

Des critiques qui ne passent pas côté mairie : « Je sens que la municipalité est attaquée alors qu’elle n’a aucun poids face au préfet, répond Yves Leloutre, maire de Pacy-sur-Eure. Et même si c’était le cas, Jérôme Morel n’est pas défendable, étant donné de tout ce que les gendarmes lui reprochent ». Dans un courrier adressé au gérant du pub, le maire met en avant son « soutien » à ses commerçants « en appuyant leurs initiatives ».

Depuis la fermeture, sur les réseaux sociaux comme dans la rue, la population a elle aussi un avis sur la question. Devant l’établissement fermé, Christelle, habitante de Pacy, est solidaire du troquet : « Vous trouvez ça normal que dans d’autres cafés, les gens soient les uns sur les autres mais qu’il n’y ait que celui-ci qui ferme ? C’est à se demander si on ne protège pas les bars des copains et pas les autres ». Quelques mètres plus loin, Bernard, habitant de Pacy lui aussi, trouve la sanction normale : « À ce qu’on m’a dit, il a envoyé balader les gendarmes. C’est un peu dur cette fermeture mais il faut respecter la loi ».

Le patron du French a lancé une procédure de référé-suspension demandant la suspension de l’arrêté de fermeture.

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