A Saint-Etienne-du-Rouvray, le club de foot se bat pour son éducateur menacé d’expulsion

Le long de la ligne de touche, Mohamed Hachhach donne de la voix pour guider les jeunes U 12 du Football club de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Educateur bénévole dans la structure où il évolue également comme joueur depuis 2013, le jeune homme d’origine marocaine pourrait pourtant ne plus accompagner ses « petits », comme il les appelle sur les terrains, à l’heure où la pandémie leur offre un peu plus de liberté.



En effet, il y a quelques semaines, Mohamed a reçu un courrier de la préfecture lui enjoignant de quitter le pays dans les plus brefs délais. « Ça a été un choc », assure celui qui habite dans la commune voisine de Sotteville-lès-Rouen au domicile de ses parents adoptifs, son oncle et sa tante, chez qui il s’est installé en 2010. « Au Maroc, ce sont mes grands-parents qui m’ont élevé. Mais ils étaient trop âgés pour continuer à s’occuper de moi. Alors mon oncle a décidé de prendre le relais et de m’accueillir chez lui ».

Les dirigeants du club le soutiennent

Arrivé à 15 ans avec un titre de séjour valable jusqu’à sa majorité, depuis il n’a eu de cesse de chercher des solutions pour régulariser sa situation et vivre de sa passion pour le football qui remonte à l’enfance. « Au club, j’ai d’abord donné un coup de main pour les entraînements, puis je me suis occupé d’une première équipe, puis d’une autre. Petit à petit j’ai pris des responsabilités. Et aujourd’hui, j’aimerais passer mes diplômes d’éducateur ». Mais sans titre de séjour, impossible de s’y inscrire. « Les dirigeants m’ont également proposé de faire un service civique, mais encore une fois l’absence de papiers officiels m’en empêche ».

Des dirigeants qui eux aussi ont été choqués par la décision de la préfecture. Au téléphone, le président Laurent Byrotheau n’en revient pas : « C’est un jeune homme très impliqué, sérieux. Les gamins l’adorent. Les parents aussi. Dès que l’on a appris la nouvelle, on a décidé de l’épauler dans ses démarches pour qu’il puisse rester ici ». Une pétition de soutien a déjà dépassé la barre des 2 000 signatures. Et son avocate doit déposer un dossier au tribunal administratif de Rouen pour contester cette obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Une mobilisation qui fait chaud au cœur de Mohamed qui ne cesse de répéter que « c’est ici qu’est mon avenir. Au Maroc, je n’ai rien construit. Et puis, le soir quand je rentre chez moi, que je repense aux matchs, aux entraînements, aux sourires des enfants, à leur motivation, je me sens bien et je sais que c’est ça que je veux faire ».

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