L’ancien cadre de Publicis condamné pour avoir mené une expédition punitive par amour
Un ancien directeur régional de l’agence de publicité Publicis a été condamné ce mercredi par le tribunal correctionnel de Nantes (Loire-Atlantique) pour avoir « arrosé » à la mitraillette le domicile d’une femme en raison d’une dette de stupéfiants de son compagnon. André Stéphant, 61 ans, a écopé de deux ans de prison ferme mais pourra les purger au domicile de ses parents à l’aide d’un bracelet électronique. Une peine de deux ans de prison avec sursis probatoire pendant trois ans – comportant une obligation de travail et de soins – a également été prononcée. Sa propre compagne Hiwot Yohanns – une jeune femme de 29 ans originaire de Addis Abeba (Éthiopie) – a écopé pour sa part de la même peine, mais avec un maintien en détention à l’issue de l’audience : elle avait déjà été condamnée à quatre reprises.
Dans la nuit du 1er au 2 juillet 2020, tous deux s’étaient rendus au domicile de la compagne d’Olivier Fernandez : ce toxicomane devait 60 euros à la conjointe de l’ancien cadre de Publicis, après qu’elle lui a avancé un « gramme de cocaïne » lors d’une soirée. Arrivée en France pour être adoptée, Hiwot Yohanns avait finalement atterri à la DDASS avant de tomber enceinte à 14 ans puis de sombrer dans la drogue.
André Stéphant, pour sa part, avait travaillé pendant vingt-trois ans chez Publicis avant de monter sa propre entreprise en mars 2018 à la suite d’un « burn-out ». « Le divorce et le licenciement » l’avaient fait « sombrer », a-t-il raconté ce mercredi. L’homme en était venu à solliciter le Revenu de solidarité active (RSA), mais avait gardé sa Ford Mustang et sa Fiat 500 Abarth pour sauver les apparences à l’égard de son entourage, a précisé son avocat. Le couple s’était ainsi rencontré six mois plus tôt, chez une « amie commune ».
L’homme est un collectionneur d’armes
La nuit des faits, vers 1h30 du matin, tous deux s’étaient rendus une première fois au domicile de la compagne d’Olivier Fernandez « pour récupérer l’argent ». « Quelque chose qui grattait contre la porte » avait poussé la locataire à ouvrir : les prévenus avaient effectivement « gravé le mot MORT » sur sa porte d’entrée. La victime avait alors été menacée « avec un cutter » par la prévenue, tandis que l’ancien cadre de Publicis lui « assénait une gifle ». Son compagnon toxicomane, lui, s’était pendant ce temps courageusement « caché » par peur « d’être emmené dans un coffre de voiture »…
Les deux prévenus étaient ensuite rentrés au volant de la Fiat 500 Abarth de l’ancien cadre de Publicis « pour passer la soirée ». Mais les « incitations » de Hiwot Yohanns les avaient poussés à faire demi-tour, et l’ancien cadre de Publicis avait obtempéré pour « exister » aux yeux de sa jeune compagne. De retour sur les lieux, le sexagénaire avait donc tiré « en direction du linteau » de la fenêtre de Monia Brahimi, en prenant soin de « récupérer les douilles dans un sac en plastique ».
Une balle avait atteint la victime « par ricochet » à la hanche mais en tout, sept impacts de balle ont été retrouvés par la police : ce « collectionneur d’armes » avait utilisé un « pistolet mitraillette » particulier. Un Sten « fréquemment utilisé par les Résistants pendant la Seconde Guerre mondiale », a-t-il pris soin de préciser. Des grenades, onze revolvers, un fusil, deux kalachnikovs, une carabine – notamment « héritées de ses grands-parents » – avaient par la suite été saisies au domicile de ce père d’un adolescent de 17 ans, qui réside en garde alternée avec lui.