Emmanuel Macron giflé : «Nous continuerons à aller à la rencontre des Français», avance Jean Castex
Après le temps des condamnations, vient celui des réflexions. Au lendemain de l’incident de la gifle reçue par Emmanuel Macron, mardi, lors d’un déplacement dans la Drôme, Jean Castex, Gérard Larcher, Christophe Castaner, Gabriel Attal et Bruno Le Maire sont revenus ce mercredi sur les causes de la violence dont a été victime le président de la République et sur les leçons à en tirer.
« Nous continuons, et nous continuerons plus que jamais, à aller à la rencontre des Français, a déclaré ce mercredi matin le Premier, en déplacement à Rungis (Val-de-Marne). Je suis un acteur engagé, donc bien entendu le gouvernement et son chef sont engagés dans la campagne, c’est tout à fait normal, ils n’ont pas à se dérober, je ne me suis jamais dérobé dans l’exercice de mes attributions, ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. Nous ne nous détournerons en aucune manière de notre lien direct avec la population française. »
Dénonçant « des comportements isolés tout à fait condamnables », il a dit sa « conviction que ce n’est pas forcément ceux qu’on entend le plus, qui se manifestent de la façon la plus spectaculaire ou la plus véhémente, qui représentent le bon sens de l’immense majorité de nos concitoyens, qu’on n’entend pas mais qu’il ne faut surtout pas oublier », car « c’est eux qui tiennent le pays et c’est pour eux qu’on travaille ». « La violence dans une société démocratique, la haine, l’exclusion, ne seront jamais une solution, ne pourront jamais être acceptées », a-t-il insisté.
« Il faut en tirer la leçon pour nous tous, de la nécessité de peser chaque mot, a estimé de son côté le ministre de l’Economie Bruno Le Maire sur BFMTV, pour qui « ce geste est grave pour la nation française dans son ensemble ». « Ressaisissons-nous, car les violences les plus graves commencent toujours sans exception par des mots », a-t-il ajouté au micro de Jean-Jacques Bourdin.
« Ce n’est pas Monsieur tout le monde »
Invité des « 4 Vérités » de France 2 ce mercredi matin, Gérard Larcher a déploré quant à lui « un acte intolérable ». « Au travers du chef de l’Etat, c’est une atteinte à la République et à ses valeurs. Au-delà, cela doit nous amener à réfléchir à la violence que l’on sent monter dans la société », a estimé le président du Sénat.
« C’est le débat démocratique qui permet d’apporter la meilleure réponse à la violence », a réagi sur France Inter Christophe Castaner. Le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale l’affirme : « La logorrhée verbale des réseaux sociaux a pu l’alimenter. » Mais si l’ancien ministre de l’Intérieur indique que « cette gifle doit réveiller notre rapport à la violence », il appelle également à ne pas surdimensionner cet incident, « car la plupart des présidents de la République qui vont au contact des Français, s’y exposent et que la meilleure réponse à y apporter, c’est de ne pas changer ». « Dans les secondes qui suivent la gifle, Emmanuel Macron retourne au contact des Français » rappelle-t-il.
« Il y a une forme de radicalité dans le débat public qui n’est pas saine, mais il ne faut pas donner le sentiment que cet acte est représentatif d’un sentiment de la population française », indique Gabriel Attal. « Ce n’est pas Monsieur tout le monde ce monsieur qui a voulu porter un coup », ajoute le porte-parole du gouvernement qui salue également « l’union républicaine absolue autour de la figure du président de la République ».