Montereau : malgré ses déboires avec la police, le rappeur Negrito est invité à chanter à Surville
Des voitures garées au milieu de la route, empêchant les riverains de rentrer chez eux, des policiers pris à partie par 80 personnes encagoulées, des grenades lacrymogènes qui volent, le tournage d’un clip en octobre dernier à Dammarie-les-Lys avait viré à la foire d’empoigne dans le quartier sensible de La Plaine du Lys. Negrito, le rappeur de la ville qui perce dans le rap et sort un nouvel album ce mois ci tournait là sans aucune autorisation. Il a été condamné pour ces faits à une amende le mois dernier par le tribunal de Melun.
Il vient pourtant chanter ce samedi place Jean XXIII dans le quartier de Surville à Montereau, dans le cadre des Cult’urbaines, en compagnie des groupes locaux VH Gang et Dinsa. Ses paroles qui font la publicité du cannabis et n’épargnent pas la police ne réjouissent pas les forces de l’ordre qui mettent le paquet pour le contrer le trafic de drogue qui gangrène le quartier.
« C’est la violence de la société qu’il faut combattre »
« Je n’étais pas au courant de ces incidents de tournage et je n’ai pas lu ses paroles, concède le maire James Chéron (UDI), officier de réserve dans la Marine nationale, qui prône la lutte conter le trafic de drogue et le respect de la police. C’est une initiative du conseil des jeunes qui a participé à l’élaboration du programme. Ils l’ont appelé, c’est bien qu’ils aient des initiatives, qu’ils s’impliquent ».
Ce festival qui mêle slam, danse, rap, foot freestyle, bmx, graf est destiné à apporter de la culture dans cette ville classée parmi les plus pauvres d’Ile-de-France. Ce vendredi soir par exemple, le danseur Florent Gosserez, un local qui a exporté son talent, vient plonger le public dans le hip hop, place du marché au blé. « Durant huit jours, nous avons les cultures urbaines sous toutes leurs formes qui envahissent Montereau. Il y a des choses poétiques et d’autres moins. Il faut voir l’ensemble et mettre les paroles de Negrito en balance avec le discours rassembleur que nous avons eu de la part du boxeur Jean-Marc Mormeck, six fois champion du monde, défend James Chéron. Les Doors et AC/DC aussi ont été décriés à leur époque. C’est le monde qui est violent, les artistes n’en sont que les transmetteurs. C’est la violence de la société qu’il faut combattre et pour cela la mairie est engagée ».