Roland-Garros : scène insolite, le public sommé de quitter le court Philippe-Chatrier en plein match à cause du couvre-feu

Et ce que tout le monde craignait arriva. Il était 22h54 mercredi soir quand Novak Djokovic et Matteo Berrettini ont rangé leurs raquettes et quitté le court Philippe-Chatrier sous la bronca générale. Seule solution pour faire partir la totalité des 5 000 spectateurs de la première session nocturne de l’histoire de Roland-Garros ouverte au public.

Amazon, diffuseur exclusif de ce match de nuit, avait bien tenté d’anticiper une telle déroute en avançant le début du match à 20 heures, contre 21 heures jusqu’ici lors des sessions à huis clos. La situation semblait bien embarquée quand le Serbe, après avoir remporté les deux premières manches, était à 2 points du match dans la 3e manche avec service à suivre. Mais la mécanique du numéro 1 mondial s’est alors déréglée d’un coup. Si le public savourait la poursuite du duel, il comprenait déjà qu’il ne pourrait pas assister à sa fin.

« Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas avancé le début du match, regrette Christelle. On sait bien qu’en commençant à 20 heures le match ne serait certainement pas terminé à 23 heures. C’est dommage mais sinon c’était sympa d’assister enfin à un match après cette longue période. »

Dès la fin du 3e acte, Marc Maury, le speaker du tournoi, invitait le public à quitter les lieux. Certains s’exécutaient alors que d’autres ne voulaient pas quitter les lieux. « Je suis partie à 2-1 dans le 4e set, confie Marie-Flore, parisienne de 28 ans. C’est dommage car l’ambiance montait crescendo. Il y avait un peu d’électricité dans l’air avec le retour de Berrettini. Il n’y a pas eu de soucis pour l’évacuation. J’ai trouvé que tout le monde était calme même s’il y a un côté frustrant de ne pas pouvoir voir la fin du match. » « C’est frustrant de partir, évidemment, mais c’est la situation qui l’impose avec le couvre-feu, personne n’y est pour rien », relativise Sabrina. « C’est dommage car on sentais que le match montait en intensité et qu’il était en train de basculer, avouent Clara et Noémie. C’est dommage mais la situation nous dépasse. »

La soirée a tourné définitivement à l’absurde quand, au milieu du quatrième set de ce quart de finale, et alors que Berrettini était revenu à deux sets à un, l’arbitre a dû suspendre le duel et demandé aux spectateurs de rentrer chez eux afin de respecter l’heure de couvre-feu fixé à 23 heures depuis ce mercredi. Ces derniers ont bruyamment manifesté leur mécontentement. « C’est n’importe quoi, s’insurge Sabrina, 42 ans, croisée dans les allées au milieu du 4e set. On a tous fait les tests pour être ici, on est tous sains. Dès 22h15 on nous disait de prendre nos dispositions pour le couvre-feu, mais nous, on a payé pour un spectacle et on nous prive du final. Ce n’est pas normal. Hier (mardi), il y a eu des dérogations pour le match de foot au Stade de France, je ne comprends pas qu’on n’ait pas pu en avoir aussi. Je vais écrire à l’organisation du tournoi. »

« On a tous fait des tests pour pouvoir entrer à Roland-Garros, c’était d’ailleurs bien organisé car on pouvait en faire à l’entrée du stade si on n’y avait pas pensé avant, poursuit Amine. Mais c’est justement pour ça qu’on aurait pu avoir une dérogation pour rester. On est tous clean. C’est honteux, le match aurait dû commencer avant ou alors on aurait dû avoir droit à une dérogation pour rester après 23 heures. »

Le match a finalement repris après 21 minutes d’arrêt, dans une enceinte privée des cris de rage de « Nole » au moment de célébrer sa qualification (6-3, 6-2, 6-7, 7-5).

Le diffuseur américain et l’organisation du tournoi essuient de nombreuses critiques depuis le début de la quinzaine. Mardi soir, à l’issue de sa défaite, c’est le Russe Daniil Medvedev qui avait tapé le plus fort en affirmant que Roland-Garros avait « préféré Amazon aux spectateurs ». Novak Djokovic avait déjà dû se résoudre à pareil scénario lors de l’Open d’Australie. Des évacuations en pleine rencontre avaient également eu lieu lors du Master 1 000 de Rome au mois de mai.

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