Grand Steeple-Chase de Paris : en pleurs et aux anges, l’entourage de Docteur de Ballon jubile après le doublé
Les larmes sont souvent synonymes de tristesse. Celles qui ont roulé sur les joues de Monique Gasche-Luc, ce dimanche à l’hippodrome d’Auteuil, à l’issue du prestigieux Grand Steeple-Chase de Paris, n’en étaient pas. À peine le poteau franchi, elle a éclaté de joie alors que Docteur du Ballon, dont elle est propriétaire avec son mari Robert, avait mis un uppercut à ses rivaux au terme des 6 000 m exigeants de cette course mythique.
«J’ai vraiment gagné ?»
« J’ai vraiment gagné ? », a-t-elle lancé, presque titubante comme K.-O. par la victoire de celui qu’elle a vu naître. Soutenue par une employée de France Galop, l’octogénaire rejoint les balances et cherche désespérément son époux. « Mon mari est moins en forme que notre cheval et ne pouvait pas monter au premier étage avec moi », lance-t-elle en plaisantant après avoir repris ses esprits.

Comme un poids lourd au terme de douze rounds, Docteur de Ballon n’a laissé aucune chance à ses adversaires dans la dernière ligne droite. Et comme l’an passé, sa pointe de vitesse finale a laissé bouche bée les amoureux de l’obstacle. « C’est dingue de pouvoir sprinter comme il le fait et de se mettre à plat ventre au bout de 6 000 m et après avoir sauté deux fois la rivière des tribunes », a lancé un professionnel de renom, enthousiasmé par la prestation du pensionnaire de Louisa Carberry.
« Ce cheval est incroyable », corroborait Isabelle Pacault. Cette dernière, elle aussi en pleurs, venait pourtant de finir deuxième avec Carriacou, qui avait remporté l’édition 2019. Et de confier : « Mon cheval est irréprochable et très bon, mais je suis ravi pour Louisa Carberry, l’entraîneure de Docteur de Ballon. Elle était même venue fêter sa victoire avec nous. Ce qu’elle ressent, je l’ai ressenti et le comprends. Un cheval d’obstacle nécessite tellement de boulot (sic) ! »
Ce couplé gagnant féminin montre à quel point les courses hippiques permettent à tous de monter sur les podiums les plus prestigieux. Et pour cause… En plus de Monique Gasche-Luc et Louisa Carberry, respectivement éleveuse et entraîneure du lauréat, ainsi que de leur dauphine, le verdict de ce combat hippique s’est joué entre James Reveley, un jockey anglais qui, « même battu ce dimanche ne se [voit] plus quitter la France », et Bertrand Lestrade, le lauréat comme en 2020, et 2013, que les éleveurs de Docteur de Ballon cherchaient impatiemment pour fêter la victoire.