À La Rochelle, un marais salant abandonné réaménagé en sanctuaire écologique

Une élégante aigrette déambule dans cette zone humide verdoyante, ses longues pattes camouflées dans l’eau saumâtre. Nous sommes à cinq minutes du centre-ville de La Rochelle, juste derrière la gare. Cet oiseau marche dans le marais de Tasdon « renaturé », ouvert au public en juin après un an et demi de travaux. Ces 82 hectares d’anciens marais salants ont été exploités du Moyen Âge jusqu’aux années 1930, puis en partie remblayés dans les années 1970 au gré des constructions voisines.



Laissé à l’abandon depuis, ce site « sauvage » classé en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a fait l’objet d’une métamorphose colossale chiffrée à 5,3 millions d’euros. Soit l’un des chantiers environnementaux les plus importants de France. « Cette renaturation a été instaurée pour répondre à des enjeux écologiques. Il fallait redonner son fonctionnement naturel à cette zone humide notamment en reconnectant le marais avec la mer, en creusant des bassins, en enlevant la végétation invasive », énumère Hélène Rouquette, directrice nature et paysages à la mairie de La Rochelle.

« Du génie écologique au tractopelle »

Les travaux ont débuté en décembre 2019, avec un flot de critiques à la clé. Au vu des nombreux engins de chantier – 150 000 mètres cubes de remblais ont été déblayés –, des riverains ont craint le saccage d’un espace naturel. Certains ont même porté l’affaire devant le tribunal administratif de Poitiers (Vienne), qui a rejeté la requête. « Ce chantier, c’était du génie écologique au tractopelle. Mais c’est pour que la nature puisse mieux reprendre ses droits », affirme Hélène Rouquette, qui assure que le nouveau visage du site est aujourd’hui bien accueilli.

Les engins de chantier ont laissé place à des îlots, des chemins, des passerelles, à la végétation laissée à l’état brut, ou presque. « Ici, ce n’est pas un parc. C’est toute la délicatesse de ce projet : être un lieu de promenade pour le grand public tout en restant un sanctuaire écologique. Et c’est aussi un puits de carbone bleu puisque les marais ont la capacité de capter du CO2. Cela s’inscrit totalement dans notre démarche La Rochelle Territoire Zéro Carbone, qui vise la neutralité carbone à l’horizon 2040 », conclut Chantal Vetter, l’adjointe au maire chargée de ce dossier.

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