«Raya et le dernier dragon» sur Disney+ : un dessin animé peu inspiré

Encore une victime de la pandémie… « Raya et le Dragon », qui s’annonçait comme le grand Disney de printemps, et qui avait été programmé au 31 mars pour sortir en salles durant les vacances de Pâques, a finalement été reporté au 4 juin. Mais uniquement sur Disney+. Comme « Soul » en décembre dernier, et « Luca », le prochain Pixar, très prochainement (le 18 juin).

Est-ce à dire que le studio réserve désormais ses productions animées à sa plate-forme de streaming ? Disney assure que ce n’est pas le cas, mais on attend de voir la suite…

Pour ce qui est de « Raya », de notre avis – et contrairement à « Soul » dont on n’a pas fini de regretter que ce chef-d’œuvre de l’animation n’ait pas connu les honneurs du grand écran auquel il était destiné -, une sortie en streaming paraît plus justifiée. Le film conte comment Raya, jeune guerrière et fils d’un grand combattant, va tenter de trouver le dernier dragon vivant – bien caché – sur Terre. Il y a urgence : les forces du mal, qui ont conduit autrefois, au temps ou humains et dragons vivaient en harmonie, au sacrifice de ces derniers, sont à nouveau à l’œuvre et menacent l’harmonie de la planète. Voilà Raya partie pour une longue et périlleuse mission, elle-même traquée par des méchants qui veulent s’emparer de la légendaire créature. Raya va y parvenir avant eux, mais s’engage alors une course contre la montre pour sauver l’humanité…

Un dragon qui n’effraiera personne

On a connu les auteurs et les dessinateurs de Disney mieux inspirés. Le scénario qui tire en longueur, malgré de jolis moments, s’accompagne d’un graphisme en 3D façon jeu vidéo pas très heureux, à l’exception de quelques belles séquences dans le désert qui rappellent les derniers « Star Wars ». La faute, sans doute, à des versions successives durant la production – plusieurs scénaristes, de nombreux réalisateurs…

Surtout, on défie le public européen de se passionner pour cette histoire qui semble avoir été conçue en priorité pour le marché asiatique (friand de ce genre de scénario et de ce type de graphisme), car elle se situe très loin du niveau d’un « Mulan » (pas la version récente en images réelles, mais l’original animé datant de 1998), si l’on souhaite comparer.

Enfin, il y a ici un sérieux problème de dragon. Quand la bête apparaît pour la première fois à l’écran, on a du mal à ne pas se tenir les côtes de rire. Avec son graphisme fluet, tout en maigreur et en légèreté, et sa voix perchée – un dragon typique de certaines écoles artistiques chinoises, là encore -, il ne risque pas d’effrayer quiconque. Voilà un dragon daté, presque de carnaval : impossible de le prendre au sérieux après avoir vu ceux de films et séries récents, comme « Game of Thrones ».

Et, une fois de plus, on ne peut que comparer au grand classique Disney « asiatique » : certes, le Mushu de « Mulan », tout en finesse lui aussi, avait pour mission de faire le guignol, mais au moins y parvenait-il avec brio sans prétendre, lui, vouloir sauver le monde…

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 2/5

« Raya et le dernier Dragon », Disney +, film d’animation américain de Don Hall, Carlos Lopez Espada, Paul Briggs et John Ripa… Dès 7 ans. (1h28)

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