La basilique de Lisieux se dote d’un ascenseur pour faciliter l’ascension des pèlerins
Dire qu’un ascenseur figurait dans les plans de la Basilique de Lisieux dès 1926 ! Finalement, l’équipement vient de voir le jour près d’un siècle plus tard, « dans la tourelle nord, là où les architectes avaient pensé l’installer dès le début », glisse le père Olivier Ruffray, recteur du Sanctuaire de Lisieux. Le chantier était revenu au cœur des réflexions ces dernières années : « La question des gens n’était plus Y a-t-il un ascenseur ? mais Où est l’ascenseur ? », témoigne le père Ruffray.
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Depuis le dimanche 28 mars, les visiteurs peuvent librement embarquer depuis l’esplanade de la Basilique dans cette cabine vitrée. Le recteur du site est à la manœuvre, le regard tourné vers les alentours : « Nous avons profité des grandes fenêtres de la tour qui permettent de découvrir la campagne autour de Lisieux et au-delà de la campagne, de tutoyer le ciel, puisque nous montons vers le dôme ». Celui-ci se situe à 35 m de hauteur. Il donne accès à des niveaux encore supérieurs. Bien des pèlerins ne pouvaient pas aller jusque-là.
Une pièce découverte pendant le chantier
Sur les 800 000 personnes de passage chaque année sur le site, seuls 20 000 (chiffres de 2019, avant l’épidémie) s’aventurent dans les hauteurs. « Il fallait monter 175 marches pour arriver au dôme. Beaucoup de gens ne l’ont jamais fait ». L’ascenseur va « révolutionner » la visite. Son premier passager est d’ailleurs assez symbolique. « Samedi, à la veille de l’inauguration, un pèlerin en fauteuil roulant est venu avec sa famille. Il m’a demandé si l’ascenseur était accessible. J’ai accepté et l’ai emmené là-haut », sourit le père Ruffray.
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La cabine ouvre un certain nombre de perspectives. Outre l’accessibilité, le chantier a permis de percer des ouvertures et de redessiner des passages. « Nous avons même découvert une pièce qui n’avait pas d’entrée », ajoute l’ecclésiastique. Cet espace mystérieux, comme d’autres, pourront par exemple accueillir des expositions.
Cette nouvelle route vers les hauteurs de la Basilique sera aussi propice à la méditation. « Sainte Thérèse a eu cette phrase, dans un manuscrit de 1897 : Vos bras, ô Jésus, seront mon ascenseur pour m’élever vers le ciel. » La religieuse, qui repose à Lisieux, avait découvert les premiers ascenseurs lors de voyages en Europe. Elle y a fait plusieurs références dans ses écrits. Sa citation sera inscrite dans la cabine de la Basilique, traduite en neuf langues. Un autre moyen de s’élever.