Pas assez accessible, Paris doit faire sa révolution
Rendre Paris plus praticable aux personnes à mobilité réduite, touchées par un handicap mental, mais aussi aux femmes enceintes ou encore aux familles avec poussette. Voilà l’objectif du premier plan annuel de mobilisation de l’exécutif parisien pour l’accessibilité, présenté ce mardi. « On est conscient que Paris, comme beaucoup de villes, a des efforts à faire », reconnaît Jacques Galvani, adjoint à la maire de Paris en charge de l’accessibilité universelle et des personnes en situation de handicap.
5 000 logements sociaux rénovés chaque année. « C’est assez considérable, appuie Jacques Galvani. Ce sera fait par les trois bailleurs sociaux de la ville. Il s’agit là de l’un des gros sujets. » Car ces logements, parfois situés dans des bâtiments anciens, peuvent être compliqués à mettre aux normes. Le plan visera d’ailleurs prioritairement les immeubles bâtis avant les années 1990.
Une aide pour les entreprises. Elle doit leur permettre de se mettre aux normes d’accessibilité. « On vise beaucoup les commerces, souligne Jacques Galvani. Beaucoup ont des petits travaux à faire, mais après un an de crise sanitaire, ils peuvent avoir d’autres priorités. » Ce soutien, passant par des appels à projet, pourra aller jusqu’à 50 000 euros par lauréat. Pour un budget de 6 millions d’euros par an.
Davantage de places PMR. Paris veut réduire le nombre de voitures stationnant sur la voie publique. La Ville entend ainsi supprimer 70 000 places en surface. Mais hors de question de toucher aux places pour personnes à mobilité réduite. « On va même aller au-delà du maintien, assure Jacques Galvani. Nous voulons au contraire créer des places PMR supplémentaires, sans avoir encore fixé un chiffre à atteindre. Il en existe aujourd’hui environ 4 000. »
Des aires de jeux inclusives. Une aire était déjà en test dans le XIIIe arrondissement, destinée aux enfants atteints de handicaps moteurs, cognitifs ou encore mentaux. « Elle rencontre un succès fou. Sa fréquentation a explosé, même de la part d’enfants qui ne sont pas en situation de handicap, car les jeux sont plus interactifs. Nous allons donc adapter au moins une aire de jeux par arrondissement avant la fin de la mandature », annonce Jacques Galvani. Un million d’euros y sera consacré sur le budget participatif 2021-2022.
Des commerces apaisés. Des heures « silencieuses » seront instaurées dans les commerces de détail parisiens. Des créneaux horaires hebdomadaires fixes, avec une réduction du volume sonore des appareils électroniques, une interruption de la diffusion musicale et des annonces sonores, une réduction de l’intensité lumineuse…
Une école de l’accessibilité. Avec des centres de formation, elle doit « mener vers métiers en lien avec l’accessibilité. Design urbain, assistance aux personnes en situation de handicap… » Son rôle : faire connaître ces métiers, les formations associées…