Nanterre/Bagneux : les maires interpellent Blanquer sur la dotation horaire des collèges et lycées
Alors que cette semaine marque un retour à la normale dans les collèges avec la fin de la demi-jauge pour les classes de quatrième et de troisième, une vive inquiétude plane sur les établissements scolaires à Nanterre et Bagneux. En cause : la baisse du volume de la dotation horaire globale (DHG) prévue pour chacun d’eux à la rentrée de septembre.
Ces inquiétudes ― partagées par les responsables d’établissements et les associations de parents d’élèves ―, le maire de Nanterre Patrick Jarry (DVG) en a fait part au ministère de l’Education, tout comme son homologue communiste de Bagneux Marie-Hélène Amiable.
Dans un courrier adressé à Jean-Michel Blanquer, le premier s’étonne, pour ne pas dire s’agace, de cette diminution annoncée. D’autant plus que parmi les établissements concernés figurent cinq collèges classés tête de réseau prioritaire ainsi que le polyvalent lycée Joliot-Curie. Un lycée qui, à lui seul, pourrait perdre une centaine d’heures d’enseignement en septembre.
« On va supprimer des options ou des heures d’encadrement et d’accompagnement, regrette déjà Jean-Pierre Bellier, adjoint au maire de Nanterre chargé de l’éducation. Bref, on va supprimer tout ce qui fait la réussite de nos enfants. »
« Le gouvernement nous octroie des moyens d’action d’un côté pour nous en supprimer de l’autre »
L’élu, comme le maire, estime que cette baisse de la dotation horaire globale risque de briser net la « dynamique » dont bénéficient aujourd’hui les établissements scolaires à Nanterre. Une dynamique d’ailleurs saluée par l’obtention, le 31 janvier dernier, du label national « Cité éducative » pour ses quartiers Parc Nord et Parc Sud. Ce label, créé par le ministère de l’Education et le ministère de la Ville pour assurer une meilleure prise en charge éducative des jeunes, doit notamment profiter aux collèges Paul-Éluard et Évariste-Galois, où la situation s’améliore petit à petit après plusieurs épisodes délicats.
Or ces deux collèges se révèlent, eux aussi, concernés par la baisse de la DHG. D’où l’incompréhension des enseignants et des parents d’élèves. « C’est absurde, se désole l’un d’eux. Le gouvernement nous octroie des moyens d’action d’un côté pour nous en supprimer de l’autre. Ça n’a aucun sens. »
« Les établissements en REP ou REP + avaient été plus ou moins épargnés jusqu’à maintenant mais là, ils doivent faire face à une baisse significative de leur dotation horaire, et c’est un vrai coup sur la tête, relève pour sa part Gwenaël Luneau, président de l’union locale de Nanterre et administrateur départemental FCPE. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette baisse tombe à un très mauvais moment. Car pour de très nombreux jeunes, la crise sanitaire et le confinement ont pesé lourdement sur la scolarité. »
Ce constat, Patrick Jarry le dresse lui aussi dans la lettre qu’il a adressée à Jean-Michel Blanquer. Une lettre dans laquelle l’élu demande au ministre de bien vouloir « examiner à nouveau les moyens prévus pour les établissements scolaires secondaires » de la ville. Mêmes attentes à Bagneux où une pétition a déjà recueilli plus de 1 500 signatures et où, samedi, enseignants et parents d’élèves ont participé à une manifestation pour crier leur incompréhension.

En attendant une réponse du ministre, le rectorat de Versailles explique que le barème académique répartit de façon plus juste les moyens, en prenant en considération le contexte social des établissements.
« Chaque établissement bénéficie de moyens pour ses enseignements, auxquels s’ajoute une marge d’autonomie. Le barème de répartition des moyens porte sur cette marge d’autonomie et s’applique en fonction du contexte social de l’établissement » précise-t-on au rectorat, où l’on promet que les établissements les plus défavorisés du département auront des dotations supérieures aux autres.
« Ainsi, les collèges en éducation prioritaire, qui représentent 20 % des collèges du département, bénéficient des deux tiers des heures accordées sur la marge d’autonomie. Cela représente plus de 2 000 heures pour ces établissements afin de leur permettre de faire de la différenciation pédagogique, de l’accompagnement personnalisé, de la co-intervention selon les choix faits par les équipes. »
Sur le cas précis d’Évariste-Galois qui s’attend à perdre une vingtaine d’heures, le rectorat indique que ce collège bénéficie encore « d’une des marges d’autonomie les plus fortes du département, voire de l’académie » et d’un taux d’encadrement très favorable de 23 élèves par classe.