France-Allemagne : ce que l’on sait de l’ULM qui a raté son atterrissage avant le match
C’est une des images qui ont marqué la rencontre de football entre la France et l’Allemagne, remportée mardi soir à Munich (Allemagne) par les Bleus (1-0), dans le cadre de l’Euro 2020 reporté à cette année. Un ULM est parvenu à pénétrer dans le stade de l’Allianz Arena, mais a raté sa manœuvre et mis en danger une partie des personnes présentes. Retour sur ce qu’il faut savoir de cet incident.
Le parachutiste s’écrase sur la pelouse
Alors que le match s’apprête à commencer, un militant de l’association écologiste Greenpeace, arrivé au-dessus du stade de Munich dans un engin de type ULM, manque de s’écraser en tribune après avoir heurté un câble. Il rétablit difficilement les commandes avant de frôler les spectateurs et de s’abîmer, sans dommages, sur la pelouse de l’Allianz Arena.
Deux personnes ont été blessées. Elles ont été « prises en charge par les services d’urgence et ont été emmenées à l’hôpital », a détaillé un porte-parole de la police de Munich, Werner Kraus. Ces personnes « souffrent de blessures à la tête ».
Didier Deschamps se cogne la tête
A l’issue du match, le sélectionneur français Didier Deschamps a confié en conférence de presse s’être fait une bosse à la tête parce qu’il a heurté le banc de touche en se mettant à l’abri au moment de l’irruption de l’engin. « Au départ, je pensais que c’était quelque chose de prévu. Oui, on a frôlé le drame, ce n’est pas passé loin. Sur le banc, avec Guy (NDLR : Stéphan, son adjoint), on s’est réfugié un peu », a-t-il commenté. « Ça n’a pas lieu d’être. Quand on voit des événements comme ça, ça restera de la littérature mais ça donne à relativiser. La vie peut basculer vite, il ne faut pas l’oublier », a ajouté le patron des Bleus.
L’UEFA (Union européenne de football association), organisatrice de l’Euro, parle d’un « acte inconsidéré qui aurait pu avoir des conséquences très graves pour un grand nombre de personnes présentes ». La Fédération allemande (DFB) a également condamné l’incident. « Cette personne s’est mise elle-même en danger et en a blessé d’autres. De notre point de vue c’est inacceptable (…) Les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves », a déclaré le porte-parole de la DFB Jens Grittner.
Greenpeace voulait juste « survoler » le stade et « laisser tomber un ballon »
Le pilote de l’engin « aurait dû survoler le stade et laisser tomber un ballon en latex » portant le message « Kick out Oil » (« Dehors le pétrole », en anglais), a expliqué un porte-parole de Greenpeace. « Des difficultés techniques l’ont forcé à atterrir dans le stade. » « Nous sommes désolés que l’action de protestation ne se soit pas déroulée comme prévu » et « regrettons que des personnes aient été mises en danger et blessées », a ajouté le porte-parole.
Le message de l’ONG était adressé au constructeur automobile Volkswagen, un des sponsors principaux de l’Euro. « Notre demande : arrêtez de vendre des voitures diesel et essence mauvaises pour le climat », avait tweeté l’organisation peu après l’incident sur son compte allemand. L’UEFA a défendu sa politique en matière d’environnement, se disant « pleinement engagée pour faire de cet Euro un tournoi durable ».
Enquête ouverte et interrogations sur la sécurité
« Les autorités judiciaires prendront les décisions qui s’imposent », a fait savoir l’UEFA dès mardi soir. Une enquête est ouverte pour « plusieurs délits » relevant à la fois du droit pénal et de la législation sur le transport aérien, qui limite strictement les possibilités de survol, précise la police locale.
Le ministre bavarois de l’Intérieur s’est exprimé sur l’événement alors qu’il soulève la problème de la sécurité dans le stade. Dans des propos relayés par le quotidien allemand Bild, Joachim Hermann rappelle qu’une « interdiction totale de survol a été prise pour toute la durée de l’Euro ». Il explique que c’est « en raison de l’inscription Greenpeace », qu’« aucun tireur d’élite n’est intervenu ». Si la police avait estimé qu’il pouvait « s’agir d’un attentat terroriste », elle aurait agi autrement, insiste-t-il. Le militant de Greenpeace l’a vraiment échappé belle…