«Depuis tout petit, j’adore le rugby» : Yannick Bestaven, un skipper amoureux de l’ovalie et du Stade rochelais

Yannick Bestaven suit depuis 1999 la lente et belle progression vers les sommets du Stade rochelais. Vainqueur du Vendée Globe cet hiver au bout d’une nuit historique, le skippeur de Maître Coq avait notamment pu peaufiner sa préparation auprès de deux rugbymen du club. À quelques heures de la première finale de coupe d’Europe de La Rochelle face à Toulouse à Twickenham (samedi à 17h45), il nous raconte sa passion pour ce sport et sa proximité avec ceux qu’on appelle les Maritimes.

En mars, vous avez rencontré les joueurs du Stade rochelais au centre d’entraînement. Que faisiez-vous là-bas ?

YANNICK BESTAVEN. Le club m’avait invité pour fêter ma victoire dans le Vendée. Je leur ai montré le trophée et je leur ai dit qu’il fallait bientôt poser le Brennus à côté (rires). Le staff m’a félicité, c’était le coup de pression parfait. J’ai assisté à leur entraînement, mais, surtout, j’ai donné une sorte de conférence. Ils étaient à fond.

Quel genre de questions vous ont-ils posé ?

Plein de choses sur ma course déjà. Comment j’avais tenu le coup, quand j’ai passé le Cap Horn, ou quand je suis repassé deuxième, des questions sur ma nourriture, sur mon sommeil. Jules Plisson et Romain Sazy, entre autres, sont des fans de voile. Ils jouaient à Virtual Regatta pendant la course. Après, plus globalement, ils étaient très intéressés par l’aspect mental, sur la façon dont je m’étais préparé. Je leur ai même filé quelques conseils. C’est cool, ce genre de synergies entre deux sports.

Ce jeudi, une journée incroyable en compagnie de la Direction Générale, de la Direction Sportive et des joueurs du Stade…

Posted by Yannick Bestaven Officiel on Friday, March 19, 2021

Ce n’était pas la première fois que vous rencontriez des joueurs.

En 2015 déjà, j’avais pu me préparer un peu avec le Stade, avant la Transat Jacques Vabre (NDLR : qu’il a remporté avec Pierre Brasseur). L’été dernier, j’ai encore eu la chance de pouvoir m’entraîner avec deux d’entre eux avant le Vendée Globe : Vincent Rattez et Alexis Bales, qui étaient en instance de départ. C’était super de pouvoir partager nos expériences. Ils ont été un peu surpris de voir tout ce que je mettais en place, mais il y a plein de compétences sur lesquelles on se rejoignait. Le rugby comme la voile nécessitent beaucoup d’explosivité. Cela passe par du gainage et du soulevé de disques. Parfois, j’étais devant (rires). On avait des exercices où il fallait en même temps répondre à des questions pour travailler notre concentration.

Et votre amour du Stade rochelais, il date de quand ?

De mon arrivée dans la ville en 1999. Je suis très vite allé au stade, puis je me suis abonné en tribune principale. À l’époque, le club était en première division. L’ambiance était déjà extraordinaire et elle l’est toujours. Il faut vraiment voir ça. Les matchs se jouent toujours à guichets fermés. Ce qui leur arrive est tellement mérité. Une fois redescendus en ProD2, ils ont su se reconstruire patiemment, avec un super centre de formation et un recrutement intelligent. Ils ne se sont pas brûlé les ailes.

Quel regard portez-vous sur Vincent Merling, le président ?

C’est le cerveau et l’âme de ce projet. Il a su préserver l’héritage du club, notamment celui de la grande époque de Jean-Pierre Élissalde (joueur puis entraîneur) et de son père Arnaud, tout en attirant plein de nouveaux sponsors, dont certains du coin. Récemment, il m’a offert un maillot, il est accroché dans mon bureau. J’en suis très fier.

Pendant le Vendée Globe, comment vous teniez-vous au courant de leur saison ?

Je recevais les scores en direct grâce à des amis. Parfois même à la mi-temps. Ça faisait partie de ces moments d’évasion et de décompression. Pendant la course, j’ai aussi reçu des messages sympas de plusieurs joueurs. À Noël, il y a même Raphaël Ibañez qui m’en a envoyé un. Il dînait avec des membres de ma famille.

À quand remonte votre passion pour le rugby ?

Depuis tout petit, j’adore ça. Dans ma famille, on a toujours eu cela dans le sang. Malheureusement, je n’ai jamais joué en club. Je me suis rattrapé à l’époque universitaire. J’aurais adoré en faire, étant petit, mais ma mère ne voulait pas. Elle me disait que c’était trop dangereux. Bon, finalement, j’ai choisi la voile (rires), ce n’est pas beaucoup mieux.

Vous avez de nouveaux projets avec le club dans les mois à venir ?

On aimerait bien que certains montent sur le bateau à la fin de la saison. À une époque, on avait déjà réussi à emmener Benjamin Ferrou (NDLR : passé à La Rochelle de 2002 à 2013), ce serait super de le refaire avec d’autres joueurs. Mais je leur ai bien dit : pour ça, c’est le doublé ou rien (rires).

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