Malgré l’épidémie, le Festival du cinéma américain de Deauville fait comme si…

Depuis ce week-end de la mi-février, les candidatures aux postes d’ouvreurs et d’hôtes d’accueil du Festival du cinéma américain de Deauville sont ouvertes. Une habitude de l’automne à laquelle les organisateurs ne dérogent pas, malgré les incertitudes dues à la pandémie. « Nous avons besoin d’une cinquantaine de personnes pour l’accueil. Les postes seront confirmés au fur et à mesure », indique Armelle Thiennot, directrice d’exploitation du Centre international de Deauville (CID), qui coorganise l’événement, du 3 au 12 septembre.

Pour sa 46e édition, l’année dernière, le festival s’était bel et bien tenu, sans les Américains mais avec du public. « On ne savait pas si les salles allaient pouvoir ouvrir, se souvient Carine Fouquier, la directrice générale du CID. Finalement, les trois sites avaient eu le feu vert, avec une jauge » : 1100 places sur 1500 dans l’auditorium du centre international et 50 % des places des salles du casino Barrière et du cinéma Morny. « Pour le moment, nous partons sur une jauge similaire à 2020, se projette la responsable. Ensuite on s’adaptera. » Alors que les salles obscures demeurent fermées, bien malin qui peut prophétiser l’état de l’épidémie et ses mesures à la fin de l’été prochain.

La billetterie a déjà ouvert, pour la moitié des sièges de chaque séance

Mais pour un festival comme celui de Deauville, qui a encore accueilli près de 40 000 spectateurs l’année dernière (contre 60 000 en temps normal), impossible d’attendre. Outre la campagne de recrutement, la billetterie a déjà ouvert, pour la moitié des sièges de chaque séance seulement. Moins de visiteurs ne signifie pas pourtant une organisation revue à la baisse explique Carine Fouquier : « Il y a un certain nombre de charges incompressibles. Nous aurons par exemple les mêmes besoins pour le gardiennage ou le nettoyage… » Si quelques petites concessions sont envisageables sur « des développements numériques autour du festival, des éléments d’ambiance en ville ou le traiteur », le contexte sanitaire du moment ne bouleverse pas outre mesure les préparatifs.

La comptabilité du festival se révèle alors délicate. « Quand les salles sont pleines, nous sommes à l’équilibre », indique Carine Fouquier. Problème, les jauges coupent court à ce scénario. Compte tenu des fameuses « charges incompressibles », il faut être « vigilant », glisse la directrice, qui surveille la bonne tenue d’un budget d’environ 2,5 millions d’euros. Pas question pourtant de renoncer aux festivités. Deauville brave le flou et entend « montrer sa détermination, sa motivation et sa fierté de faire se tenir l’événement », répètent ses organisateurs.

« Peut-être qu’il faudra convaincre le jury de regarder les films en ligne »

Ces derniers se penchent aussi sur ce qui animera les salles au mois de septembre. Le directeur artistique du festival, Bruno Barde, a déjà visionné « une trentaine de films », susceptibles d’intégrer la sélection officielle. D’ordinaire, il voit, chaque année, 400 réalisations américaines indépendantes, le credo du temps fort deauvillais : « Je m’attends à ce qu’il y ait moins de films car de nombreux tournages sont stoppés. Il faudra être malin pour la sélection. » Celle-ci va se dessiner en ligne, au cours des prochains mois. « Les vendeurs nous donnent les liens pour visionner les films. Ça se faisait déjà avant. La Covid ne change pas grand-chose, indique Bruno Barde. En revanche, peut-être qu’il faudra convaincre le jury de les regarder aussi sur liens, et non en salle, si ça n’a pas rouvert. Mais d’ici au festival, la situation sera peut-être sous contrôle. »

Plus de 60 œuvres seront à l’affiche sur la Côte fleurie. De l’amélioration de la situation dépendront les jauges et la venue des artistes américains. Les célèbres planches de Deauville devront encore patienter pour crépiter à nouveau.

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