Etre prof après l’assassinat de Samuel Paty : le journal de bord d’un enseignant de 28 ans
Au petit matin, dans l’obscurité hivernale, l’immense silhouette grise et austère du lycée public Rotrou peine à se détacher. C’est le plus grand de Dreux (Eure-et-Loir), un « bahut » semblable à tant d’autres en France, de ceux dans lesquels il n’est pas toujours facile d’enseigner. Comme au collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, où Samuel Paty fut assassiné il y a cinq mois. Ou comme au lycée à Trappes, où Didier Lemaire, qui affirmait il y a quelques semaines dans les médias être menacé de mort, donnait des cours de philosophie avant de démissionner.