Rennes : une ado dans un coma sévère après un «accident médical», sa mère veut porter plainte

Entrée à l’hôpital sud de Rennes pour une opération presque banale le 16 mai, la jeune Alison, 18 ans, n’en est toujours pas ressortie. Pire, elle est depuis ce jour-là plongée dans un grave coma hypoglycémique. Sa mère, une habitante d’Hambye (Manche), entend déposer plainte, comme le révèle France Bleu. « Je ne veux pas que ça se reproduise et je veux savoir, pour Alison, qui a fait ça et qu’il s’excuse, qu’il assume la responsabilité. Ce n’est pas une erreur, c’est une faute médicale, cette personne-là ne doit plus exercer et ce n’est pas l’argent des assurances qui va ramener notre fille. Je n’ai pas peur, j’irai jusqu’au bout », explique à la radio Sabrina Boisloret.

Ce cauchemar a commencé le 11 mai lorsque la jeune fille est hospitalisée pour être opérée d’un kyste ovarien. Les jours qui suivent, la jeune fille se plaint de douleurs abdominales, « toute la semaine », selon sa mère. Après un nouvel examen des médecins, un scanner révèle qu’elle souffre d’une « grosse hémorragie ». De nouveau transférée au bloc, Alison est victime, selon sa mère, d’une « erreur d’injection d’insuline. Elle a reçu une dose dix fois supérieure à la normale. Dans la salle de réveil, elle a retrouvé un peu conscience puis elle s’est rendormie », décrit-elle à Ouest-France.

Depuis, elle est donc dans un coma profond au service de réanimation chirurgicale du CHU Pontchaillou (Ille-et-Vilaine). Ce sont ensuite les réponses faites par l’équipe médicale à la mère qui vont provoquer la colère de la Normande. Convaincue d’une grave erreur médicale, elle a prévu de rencontrer un avocat spécialisé dans les affaires médicales cette semaine.

L’hôpital reconnaît « un accident médical » à l’origine du coma

« L’anesthésiste a fait une erreur informatique, il a tapé sur le clavier et ça a fait deux zéros au lieu d’un seul. Ils m’ont dit qu’un diabétique qui voulait se suicider s’injecte cette dose-là. Normalement, il y a un logiciel qui alerte en cas d’erreurs de frappe, là, on m’explique qu’il n’a pas fonctionné », se désespère Sabrina auprès de France 3.

Pire encore, un membre du CHU aurait comparé, avec une certaine maladresse, l’accident de sa fille à un échec de « recette de gâteau au chocolat ». « Si vous vous trompez dans un gâteau au chocolat et que vous mettez 7 litres de lait à la place de 70 cl il est mort le gâteau il est raté. C’est ce qu’ils m’ont dit comme excuse et moi j’ai dit on ne compare pas une vie à un gâteau au chocolat, je n’admets pas ça, non », enrage la mère de famille.



Contacté par la radio, le CHU reconnaît « un accident médical entraînant un coma hypoglycémique sévère survenu lors d’une intervention chirurgicale (…) La famille en a été immédiatement informée et a été reçue par les équipes médicales de réanimation chirurgicale où la patiente fait l’objet d’une surveillance continue. La direction du CHU souhaite réitérer à la famille l’assurance de tout son soutien face à cette épreuve. » L’hôpital évoque par ailleurs « un événement indésirable grave (qui) a provoqué une vive émotion au sein des équipes ayant pris en charge la patiente ».

Le CHU assure qu’une analyse des circonstances précises ayant mené à cet événement est en cours. Un signalement à l’Agence régionale de santé a été fait. En attendant un éventuel réveil de sa fille, sans connaître les potentielles conséquences, Sabrina se rend tous les soirs à son chevet. Pour lui faire écouter des « tubes des années 1980, qu’elle aimait tant ».

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