Vaccination des agents: la RATP accélère la cadence
En ce début de matinée, la salle d’attente du centre de santé de la RATP de Val-de-Fontenay (Val-de-Marne) ne désemplit pas. Marc, 45 ans, ingénieur-système dans un centre d’exploitation de la régie, a déjà rempli son questionnaire médical et attend son tour pour recevoir la première dose du vaccin Moderna. « Je n’ai pas de comorbidité. Donc j’ai été obligé d’attendre le 31 mai. Mais je n’arrivais pas à avoir de rendez-vous. Alors quand j’ai su que cela pouvait se faire en entreprise par la médecine du travail, j’ai sauté sur l’occasion », explique-t-il.
Comme lui, un millier d’agents de la RATP vont pouvoir être vaccinés dans ce centre de médecine du travail, d’ici le milieu de la semaine prochaine. La Régie fait en effet partie de la vingtaine de grandes entreprises retenues par le ministère du Travail pour expérimenter la vaccination avec Pfizer ou Moderna (deux vaccins qui nécessitent des équipements de conservation bien spécifiques) en milieu professionnel. Le test devrait permettre d’accélérer le rythme des vaccinations « au travail », qui pour l’instant marque le pas.
« Jusqu’à maintenant, nous étions sur de l’AstraZeneca », rappelle Valérie Jouannique, médecin coordinateur au service santé de la RATP. « Ce vaccin est recommandé pour les plus de 55 ans (NDLR : moins nombreux à la RATP que dans les autres entreprises). Et puis, il y a eu des retards de livraison, les polémiques sur les risques de thromboses… » A ce jour, seuls 750 agents de la RATP se seraient fait vacciner par le biais de la médecine du travail pour un effectif total de plus de 45 000 salariés.
Les 1 000 premières doses de Moderna attribuées à la RATP vont-elles changer la donne ? « En tout cas, les créneaux de rendez-vous ont tous été pris en moins de 3 jours », note Grégory Carillo, responsable de la prévention et de la santé à la RATP, en soulignant que l’entreprise a mis au point un dispositif qui pourrait permettre des vaccinations beaucoup plus massives. « Elles sont pour l’instant regroupées à Fontenay mais nous avons d’autres centres de santé. Nous allons par ailleurs tester la vaccination sur un site d’exploitation (le dépôt bus de Thiais dans le Val-de-Marne) la semaine prochaine… Notre dispositif a été construit pour permettre la vaccination de 25 000 agents en un mois ! Mais nous sommes bien sûr tributaires du nombre de doses qu’on nous attribuera », conclut-il.