Le plaidoyer des élus communistes de Paris pour la jeunesse
Et si la mairie de Paris lançait un grand plan de soutien à la jeunesse ? C’est l’idée que vont soumettre mardi prochain, au Conseil de Paris, les élus du groupe communiste. A chaque séance, un groupe politique a l’opportunité de défendre son propre projet de délibération pour porter un sujet qui lui semble majeur.
Pour sa « niche », le groupe PCF, sous la voix de son président Nicolas Bonnet Oulaldj, a décidé de prendre au mot la maire de Paris qui avait lancé un grand plaidoyer pour la jeunesse au début de l’année. Anne Hidalgo (PS), en février, avait ainsi réclamé une aide mensuelle pour les jeunes, y compris ceux de la classe moyenne, lourdement impactés par la crise sanitaire.
« La détresse psychologique est majeure pour nombre d’entre eux »
« Chiche », lui répondent aujourd’hui ses alliés communistes. « A la sortie du dernier confinement, on le voit bien, tous les voyants sont au rouge pour notre jeunesse. 17 % d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté. Ils sont de plus en plus nombreux à faire la queue aux Restos du cœur ou au Secours populaire pour pouvoir se nourrir. Le taux de suicide a augmenté, la détresse psychologique est majeure pour nombre d’entre eux qui se sont retrouvés totalement isolés durant la crise », souligne le patron des communistes en préambule.
« La jeunesse doit donc être une priorité de la politique municipale. Nous demandions depuis plusieurs mois un débat sur ce sujet. Comme nous ne voyons rien venir, nous avons décidé d’en faire une délibération », explique l’élu.
Au goût du conseiller de Paris, les moyens financiers accordés aux jeunes par la Ville de Paris sont insuffisants. « L’an dernier, le fonds d’aide à la jeunesse était consommé dès le mois de juillet ! Il n’y en avait plus pour les cinq mois restants de l’année », évoque Nicolas Bonnet Oulaldj. D’où la décision de mettre en avant ce sujet, bien avant les discussions budgétaires qui auront lieu en fin d’année.
La jeunesse plutôt que la police
Création d’une permanence d’accès au droit, d’une allocation d’urgence pour les 16-25 ans, ouverture d’un centre de santé mentale (comme l’avait proposé le conseil parisien de la jeunesse en février), gratuité des transports publics et de Vélib’pour les 18-25 ans ou encore instauration d’une tarification unique jeune (détachée du quotient familial) pour toutes les activités sportives et culturelles proposées par la Ville… Voilà autant de propositions inscrites dans le « plan d’urgence » que le groupe communiste soumettra au Conseil de Paris la semaine prochaine.
Pour le groupe communiste, la défense de son plan d’urgence pour la jeunesse lors du prochain Conseil de Paris tombe à point nommé. Les élus doivent aussi y débattre de la mise en place de la police municipale, un projet que les élus communistes désapprouvent. « A Villejuif, le maire communiste, lui, a décidé de désarmer sa police municipale pour consacrer davantage de moyens sur la prévention. La police municipale de Paris ne sera pas armée mais quel coût aura-t-elle sur les finances de la Ville ? » s’inquiète Nicolas Bonnet Oulaldj. Le patron du groupe communiste, lui, préfère que les finances de la Ville soutiennent en masse la génération « sacrifiée » par l’épidémie de Covid. « Soutenir la jeunesse, c’est investir pour l’avenir ! »