Grand Paris Express : à Courbevoie, des habitants se mobilisent pour sauver le parc des Bruyères
Après le véto affiché de la municipalité et alors que le maire (LR) Jacques Kossowski attend désormais l’enquête publique pour faire entendre ses arguments, c’est au tour des habitants de la ville de se mobiliser contre la déclaration d’utilité publique modificative (DUPm) du chantier de la ligne 15 du Grand Paris Express.
Ils ont découvert les modifications à la hausse des emprises de ce chantier pharaonique, en avril dernier, lors du conseil municipal. Ce soir-là, une fois n’est pas coutume, l’ensemble des élus de la majorité et de l’opposition avaient accordé leurs violons pour voter à l’unanimité contre la DUPm.
Cette nouvelle rocade souterraine de 75 kilomètres et 26 stations autour de Paris nécessite de très importantes emprises de chantier, pendant plusieurs années, pour les communes concernées par le tracé. Et, à Courbevoie, c’est synonyme d’espaces verts condamnés le temps des travaux, soit entre cinq et dix ans. Comme dans le parc des Bruyères, où la Société du Grand Paris (SGP) ne prévoit plus une emprise de 700 m² mais de 3 300 m² pour y faire se rejoindre deux tunneliers.
« Nous voulons comprendre comment et pourquoi il est nécessaire d’augmenter à ce point cette emprise, à cet endroit précis, et nous redoutons que le parc soit sacrifié dans les négociations à venir entre la ville et la SGP », explique Augustin, 41 ans qui fait partie du collectif d’une trentaine d’habitants à l’initiative de la mobilisation des riverains.
Quid des arbres et des terrains de tennis ?
Le groupe Facebook « Sauvons le parc des Bruyères », créé au lendemain du conseil municipal, compte plus de 800 membres et la pétition lancée en début de semaine sur change.org, plus de 2 800 signatures.
« Ce qui était encore acceptable en 2015, sur une petite parcelle, ne l’est plus en 2021 sur la majeure partie d’un parc, en urgence climatique et post-confinement », plaide ce père de trois enfants, qui s’est installé à Courbevoie il y a justement six ans. Il craint, comme les autres habitants du quartier, de voir sa qualité de vie détériorée pour de longues années. Même si la SGP s’est engagée à rendre le parc « avec toutes ses fonctionnalités » à l’issue du chantier.
« Quid des arbres d’une quarantaine d’années, qui vont être coupés ? Et les tennis, comment imaginer qu’ils puissent être encore accessibles entre la poussière et les nuisances de chantier », s’interroge Augustin, alors que les membres du collectif doivent être reçus prochainement par la ville, mais aussi par la SGP.
« Nous n’avons pas la prétention de savoir comment piloter un tel projet, dont nous ne remettons pas en cause l’intérêt, poursuit-il. Mais notre combat est de limiter au maximum l’emprise sur un espace vert essentiel. »