Bezons: l’usine PPG sous tension après l’évacuation par les CRS

C’était la surprise ce mardi matin à 6 heures du matin. Les grévistes de l’usine PPG (anciennement le Joint français) à Bezons ont vu arriver les CRS qui leur ont demandé de libérer l’entrée principale. Depuis le jeudi 29 avril, une partie des salariés sont en grève pour demander de meilleures conditions de départ alors que la fin d’activité a été annoncée en octobre dernier. La fermeture de cette usine de mastics pour l’automobile et l’aéronautique doit conduire à la suppression de 208 postes.

« On était une quinzaine. Ils ont commencé à tout virer. On leur a demandé à pouvoir ranger tranquillement le matos mais ils ont commencé à tout mettre à la poubelle », relate Mohamed Achoui, secrétaire du CSE et élu CFTC. L’entrée principale, bloquée aux véhicules (les salariés non grévistes pouvaient entrer librement) depuis le début de la grève, a été dégagée dans le calme. Plusieurs semi-remorques ont pu accéder à l’usine toute la matinée.

Tensions entre grévistes et non grévistes

Cette évacuation a provoqué la colère des manifestants mais aussi suscité des tensions entre les grévistes et les autres. « Il y a de la provocation. Ils disent : vous avez fait ça pour rien. Et ça, les gens ne peuvent pas l’encaisser », fulmine Mohamed Achoui. Peu après l’évacuation, une assemblée générale a eu lieu puis une réunion a été organisée avec la direction. Mais dans l’usine, les tensions ne semblaient pas s’apaiser. « C’est un site qui est grand, je crains qu’il y ait des règlements de compte », s’inquiète Catherine, élue CGT. Une poubelle a été incendiée près du parc à solvant ce qui a déclenché l’intervention des sapeurs-pompiers. « Les élus ont déposé un danger grave et imminent. C’était ingérable », ajoute-t-elle. L’usine a été évacuée en milieu de journée.

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« L’intervention des CRS fait suite à l’ordonnance de justice qui a demandé la libération de l’entrée du site. Ce n’est pas contre le droit de grève », souligne Romain Suchet, porte-parole de la direction de PPG. Le document a été affiché sur place la semaine dernière. La direction avait aussi assigné 13 salariés en justice pour une audience au tribunal de Pontoise ce mercredi, en raison du blocage. Cette assignation a finalement été annulée en raison de la levée du blocage. Le rassemblement qui était prévu ce mercredi devant le tribunal, à l’appel des syndicats, doit se tenir devant l’usine.

Un nouveau plan social devrait être déposé en juillet

La direction se dit prête à entamer des discussions depuis que le blocage du site a cessé. « Il y a eu un rendez-vous avec le responsable des ressources humaines du site et demain on va continuer avec le DRH France », précise Romain Suchet. Alors que la CGT et la CFTC veulent obtenir de meilleures conditions de départ, la direction n’entend pas à ce stade entamer des négociations. « On souhaite vraiment pouvoir se mettre autour de la table et savoir quelles sont leurs revendications », ajoute Romain Suchet. Depuis que l’inspection du travail a refusé de valider le plan social de la direction, cette dernière doit fournir de nouveaux documents et réunir à nouveau le CSE début juin. Un nouveau plan social devrait être déposé en juillet.

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