Val-d’Oise : le risque de pollution écarté après l’incendie sur le site Seveso de Bezons

Le panache de fumée noire était visible à des kilomètres, s’élevant au-dessus de Bezons et Argenteuil. Peu avant 9 heures ce jeudi matin, un incendie s’est déclaré dans l’enceinte de l’entreprise Protec Industrie à Bezons, une société spécialisée dans le traitement des métaux et classée Seveso seuil bas. L’entreprise stocke dans cette zone industrielle, située aux abords des quais de Seine, des produits chimiques notamment des acides et du cyanure, ont précisé les services de la préfecture du Val-d’Oise.

Près d’une centaine de pompiers ont été aussitôt mobilisés, déployant notamment sur le site trois échelles pour attaquer le feu. Les services de secours ont immédiatement engagé 9 fourgons, 1 fourgon de grande puissance « mousse », les cellules spécialisées en risques chimiques et pollution, des moyens nautiques, 2 ambulances et un équipage du Smur. De leurs côtés, les services de police ont mis en place un large périmètre de sécurité autour du site, situé à proximité d’Argenteuil. Les voies sur berge ont été coupées à la circulation, le flux des véhicules étant déviés en amont, notamment à partir du viaduc de Gennevilliers.

La zone de production en partie détruite

Après environ deux heures et demie d’intervention, l’alerte ayant été lancée à 8h55 précises, l’incendie était circonscrit à 11h24 et, selon la préfecture, les risques de pollution écartés. « Le sinistre a concerné la zone de production de l’entreprise qui a été en partie détruite. La zone de stockage des produits chimiques n’a pas été impactée, a indiqué la préfecture du Val-d’Oise. Les eaux utilisées pour éteindre le sinistre sont actuellement retenues sur le site dans les bacs conçus à cet effet. Il n’y a donc pas de risque de rejet des eaux utilisées et des produits toxiques stockés dans la Seine. » Les eaux utilisées lors de l’intervention et les produits chimiques stockés sur le site « vont être évacués par une entreprise spécialisée dès cet après-midi ».

L’autre crainte concernait la dangerosité des fumées qui se sont échappées en direction d’Argenteuil. « Les premières analyses des fumées ne font pas apparaître de toxicité particulière », indique la préfecture qui précise que « des analyses complémentaires ont été demandées au Laboratoire Central de la Préfecture de Police de Paris ». Quelques fourgons des secours étaient toujours sur place en fin d’après-midi. L’entreprise sera également toujours sous surveillances des pompiers afin de parer à une éventuelle reprise du feu.

Cinq personnes évacuées et la mosquée fermée

Enfin, selon le premier bilan de l’intervention, aucune victime n’a été déplorée dans ce sinistre. Cinq personnes résidant à proximité ont été évacuées à titre préventif. De même, la mosquée Dassault, située à proximité, est restée fermée toute la journée par mesure de précaution. Les prières qui devaient y être célébrées, dans le cadre de la fête de l’Aïd, ont été annulées.

« Il y avait un risque de pollution mais il est écarté », confie, soulagée, Nessrine Menhaouara, la maire (PS) de Bezons. « L’incendie s’est déclaré dans un atelier de production. Les cuves de stockage de produits qui pouvaient présenter un risque d’écoulement dans la Seine se sont révélées étanches. Il n’y a pas eu de pollution dans le fleuve. Les premières analyses sont également rassurantes au sujet des fumées », ajoute-t-elle, indiquant que Protec Industrie, « entreprise historique de Bezons, emploie environ 150 personnes qui vont se retrouver au chômage technique », ajoute l’élue.

Un incident déjà en 2012

La dernière inspection de cette usine Protec par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) a eu lieu en octobre 2020, indique le portail Géorisques du gouvernement qui précise que cette société avait fait l’objet en août 2013 d’un arrêté préfectoral lui imposant des prescriptions techniques complémentaires après un incident survenu en juillet 2012. Du fait d’une mauvaise manipulation de fûts, des vapeurs toxiques s’étaient échappées. Du xylène, de l’acide chlorhydrique et de l’acide sulfurique avaient été accidentellement mélangés dans un bâtiment isolé de la société qui avait été évacuée. Cinq personnes avaient été légèrement intoxiquées. L’arrêté préfectoral imposait également de renforcer l’exigence de sensibilisation aux risques chimiques.

Le Val-d’Oise compte 11 sites Seveso « seuil bas », catégorie dans laquelle Protec industrie est recensée. Quatre sont implantés à Saint-Ouen-l’Aumône (3M France, Financière Logimo et Développement, Sika automotiv France, ex-Axson, et Sol France, ex-Gaz Technique de France). A Saint-Brice est installée Protec Decors SAS, Centrex, à Marly-la-Ville, notamment. Pour ce qui concerne les sites Seveso seuil haut, la catégorie des sociétés considérées comme étant les plus à risque, quatre entreprises sont répertoriées dans le département, selon le portail Georisques : Ampère industrie à Saint-Ouen-l’Aumône, NCS Pyrotechnie (ex-cartoucherie) à Survilliers, SMCA Manutention carburant aviation à Chennevières-lès-Louvres et Storengy (stockage gaz) à Saint-Clair-sur-Epte.

Deux autres feux industriels

Les pompiers du Val-d’Oise ont été sur tous les fronts ce jeudi. A 8h15, un incendie s’est déclaré à la déchetterie Aurore à Saint-Ouen-l’Aumône, dans un entrepôt de stockage de cartons de 5 000 m2. Environ 200 m3 de cartons ont pris feu. Vingt-cinq pompiers ont été mobilisés durant plus de six heures. Deux femmes ayant inhalé des fumées ont été prises en charge par les secours sans être hospitalisées. A 14 heures, 25 pompiers ont été dépêchés à Fontenay-en-Parisis pour l’incendie d’un garage. Le feu s’était propagé à un hangar abritant notamment des solvants et des peintures. L’intervention a duré près de six heures.

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