Champigny-sur-Marne : un filet anti-déchets pour lutter contre la pollution de la Marne
Imaginez votre promenade du dimanche : un chemin champêtre où les oiseaux chantent, la cime des arbres qui valse, une cane et ses canetons qui nagent. Mais dans l’eau, des emballages plastiques, des canettes, des mégots de cigarette ou encore des vieux charriots. Telle est la réalité de nombreux fleuves et rivières aujourd’hui, et les bords de Marne ne font pas exception. Pourtant, cette désagréable vision deviendra peut-être un lointain souvenir grâce au filet anti-déchets que la société Pollustock et le territoire de Paris-Est Marne et Bois ont inauguré mardi.
En forme de trapèze, le filet bleu et noir de deux mètres de long et d’une capacité de 1,8 m cube a été installé au niveau de l’exutoire d’eau de pluie sur le quai Victor-Hugo, en contrebas de la rue des 4 sergents, à Champigny. Son but : récupérer tous les déchets supérieurs à cinq centimètres rejetés par le réseau d’assainissement. Dans un premier temps, ce sont les emballages alimentaires et autres déchets ménagers qui sont visés. « Une fois le filet rempli par les objets les plus encombrants, les plus petits déchets comme les mégots de cigarette pourront être retenus par les gros », explique Stéphane Asikian, président-fondateur de Pollustock. Un tri bienvenu lorsque l’on sait qu’un mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau.
Un brevet français a été déposé
Le système peut paraître d’une simplicité déconcertante mais il aura fallu deux ans à l’entreprise basée à Mandelieu-La Napoule (Alpes-Maritimes) pour mettre au point une technologie de filet suffisamment robuste pour résister aux intempéries et aux rayons du soleil. Un brevet français a donc été déposé par l’entreprise. « Sur le modèle que nous venons d’installer, qui a une durée de vie de 6 à 8 ans, entre une et deux tonnes de déchets peuvent être retenus, poursuit le président de l’entreprise. L’avantage de ce système est qu’il fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et n’a besoin d’aucune énergie supplémentaire. »
Pollustock est la seule entreprise qui installe ce type de filet aux abords des exutoires d’eau de pluie. En Ile-de-France, le premier modèle a été installé à Goussainville (Val-d’Oise). Et surprise, « en 72 heures, le filet se remplit », confie Stéphane Asikian. Mais pas d’inquiétude : ce ne devrait pas être le cas de celui installé sur les bords de Marne. « Le travail des autorités locales sur le traitement des déchets en amont permet de réduire la quantité rejetée dans l’eau », analyse le président de l’entreprise. Il estime que 60 % des déchets peuvent être arrêtés grâce au maillage.
Environ 3 000 euros pour un modèle moyen
L’investissement n’est pas conséquent pour le territoire. Comptez entre 2 500 et 3 000 euros pour ce modèle standard : « Cette action n’est pas la première dans la volonté de protection de l’environnement, mais c’est la première de la sorte », a rappelé Olivier Capitanio (LR), président du territoire et candidat aux départementales dans le Val-de-Marne. Quatre autres filets doivent être installés prochainement à Nogent-sur-Marne, Le Perreux-sur-Marne, Charenton et Joinville-le-Pont. Le département compte ainsi tenir son objectif de baignade dans la Marne en 2022, avec dix villes candidates au plongeon estival.
Aujourd’hui, le produit de Stéphane Asikian intéresse : 110 filets sont installés dans toute la France, dont 26 à Mandelieu-La Napoule, et une vingtaine en Bretagne. Un prochain filet de cinq mètres de hauteur sur six mètres de large et 25 m de long doit prochainement être installé par son entreprise dans un pays du Maghreb.