Massy va conclure une saison délicate devant son public
Le Rugby Club Massy Essonne conclut sa saison en Nationale (3e division) par une affiche de prestige malheureusement sans enjeu, ce dimanche à 15 h 30 contre Albi, au stade Jules-Ladoumègue. L’objectif initial, les phases finales pour la montée en ProD2, ne sera pas atteint (Massy est 5e et ne peut plus se qualifier pour les demi-finales). Au rang des bonnes nouvelles, ce match marquera le retour du public dans la limite de 1000 personnes avec un test PCR négatif et dans le respect des règles sanitaires. « Un match de fin de saison comme celui-là contre Albi, on aurait eu 2500 ou 3000 personnes en temps normal. Mais ce sera déjà pas mal. On préfère voir le verre à moitié plein », confie François Guionnet. Le président de Massy revient sur cette saison compliquée et se tourne avec plus d’optimisme vers la suivante.
Le Covid a coûté cher. Massy a d’abord attaqué cette saison avec un os en travers de la gorge. Autorisé au printemps 2020 à monter en ProD2 par la Fédération française de rugby (FFR) à l’issue d’un championnat interrompu par le Covid, le club s’est opposé au refus de la Ligue nationale de rugby (LNR), qui a, elle, décidé de geler les montées, laissant Massy sur le carreau en Nationale. « Cela n’a pas aidé notre début de saison, c’est clair, souffle François Guionnet. Même si c’est loin d’être la seule raison ». Le club essonnien a en effet accumulé les cas de Covid en août, ce qui a grandement perturbé sa préparation et ses premiers matchs. Résultat : une série de défaites et une dernière place à Noël.
Une remontada inachevée. « Quand ça a redémarré en janvier, on a mieux joué », salue le président. Massy enchaîne une série de cinq victoires en six matchs, dont quelques jolis coups à l’extérieur, à Bourgoin notamment. Et se prend à rêver à nouveau à une place en phases finales pour jouer la montée, l’objectif initial. Problème : le règlement change en cours de saison et ce ne sont finalement que les 4 premiers, et non plus les 6, qui se disputeront les deux tickets pour l’échelon supérieur. A trois journées de la fin, « on y croyait encore, avoue le président. Mais au final, ça se joue à pas grand-chose, à la dernière minute des deux derniers matchs : on prend un ultime essai à Dijon (défaite 35-37 le 8 mai), et on rate un 3 contre 1 d’école à Narbonne (défaite 16-18 le 15 mai). Dans un championnat aussi serré que le Nationale, c’est malheureusement décisif ». La finale attendue contre Albi à domicile n’en sera pas une, les Tarnais étant eux assurés de jouer une demi-finale pour l’accession avec Nice, Bourg-en-Bresse et Narbonne, Massy échouant à la 5e ou 6e place avec Dax. « On recevra Albi avec plaisir, avec la satisfaction d’avoir un peu de public, pour faire plaisir aux joueurs et aux partenaires qui ne nous ont jamais lâchés », positive le président.
Objectif ProD2 avec un nouveau staff. François Guionnet se tourne donc vers la saison suivante, qui se fera sans Morgan Champagne, directeur sportif et formateur historique du club, qui quitte l’Essonne après 14 saisons à Massy. Jean-Baptiste Di Martino, autre figure locale, reste, lui, entraîneur en charge des arrières, et sera rejoint par Julien Maréchal, encore un ancien de la maison Noir et Bleu, qui va prendre les avants. « On reconstitue un binôme qui avait fonctionné avec l’équipe Espoirs », explique le président. Une douzaine de départs et autant de recrues sont attendus, dont certaines déjà annoncées comme le talonneur Pierre-Alexandre Duclieu (21 ans), passé par Lyon et Vannes, ou l’ailier Uwa Tawalo (29 ans), ancien de Clermont, Oyonnax, Biarritz et Béziers. Le club a aussi d’ores et déjà fait signer des contrats pros à 4 de ses espoirs. « On veut continuer à former et rester le club de la banlieue, on le revendique », explique le président de Massy qui a vu éclore les Bastareaud, Camara ou Macalou. C’est avec ses jeunes talents que Massy espère retrouver la ProD2 au plus vite. « Le Nationale est un championnat intéressant sportivement mais compliqué économiquement, car il faut un effectif proche du niveau ProD2 avec 25 à 30 pros, sans avoir les droits TV » explique François Guionnet.