Chasse à l’homme en Dordogne : ce que l’on sait de Terry Dupin, le fugitif neutralisé après 36 heures de traque
L’information est tombée à 12h51. Terry Dupin, l’homme qui immobilisait la Dordogne depuis dimanche matin, et dont la gendarmerie venait de diffuser la photo et l’identité dans un appel à témoins, a été intercepté dans la forêt où il s’était retranché. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé sur Twitter qu’il avait été « neutralisé ».
Terry Dupin était décrit dans l’appel à témoins comme un « individu dangereux, activement recherché par les forces de l’ordre pour tentative d’homicide ». Il faisait l’objet depuis dimanche d’une traque active aux abords de Lardin-Saint-Lazare, une commune de 1750 habitants. Il a été interpellé dans une « zone résidentielle » de la commune voisine de Condat-sur-Vézère. Selon Francine Bourra, la maire de Lardin-Saint-Lazare, il a été touché à la gorge.
Terry Dupin est né le 14 avril 1992. Cheveux rasés sur les côtés et longue barbe, il est de « corpulence athlétique », mesure 1,83 m et typé « caucasien ». Sur sa page Facebook, le jeune homme a posté très peu de choses. On y comprend néanmoins son intérêt pour les métiers forestiers et la nature. Signe qu’il est un habitué de la forêt ?
«Ce n’est pas la première fois qu’on a affaire à lui»
Âgé de seulement 29 ans, Terry Dupin cumule les condamnations pour violences conjugales sur son ex-compagne, mère de ses trois enfants. Entre 2015 et 2020, il a été jugé à quatre reprises par les tribunaux de Bergerac et Périgueux, ce qui lui a notamment valu de porter un bracelet électronique. Sa quatrième condamnation à seize mois de prison dont huit avec sursis -pour violation de domicile, violences aggravées sur sa compagne et diffusion d’un document à caractère sexuel sans le consentement de sa victime- remonte à février 2020.
« Ce n’est pas la première fois qu’on (NDLR : le village) a affaire à lui », a d’ailleurs rappelé ce lundi à l’AFP Benoît, un habitant de Lardin-Saint-Lazare. « En 2017, on avait déjà eu les gendarmes, les hélicoptères, il s’était passé exactement la même chose. Il était passé chez son ex-compagne, il avait foutu la merde. »
Alors qu’il avait 25 ans, Terry Dupin s’était en effet introduit chez la mère de ses enfants et l’avait frappée avant de s’en prendre à son beau-frère, présent sur place. Ce dernier avait tenté de se défendre avec un couteau, mais Terry Dupin était revenu avec un pistolet. Il avait finalement pris la fuite et un important dispositif de gendarmerie avait été déployé pour le retrouver, relatait Sud Ouest. L’homme s’était rendu quelques heures plus tard. Il avait écopé d’un an de prison.
Terry Dupin a donc récidivé dans la nuit de samedi 29 au dimanche 30 mai, en se présentant au domicile de son ex-compagne. Il a commis des violences sur la mère de ses trois enfants et tiré sur son nouveau compagnon, sans l’atteindre, avant de prendre la fuite.
«Un individu aguerri, endurant»
Enfant, Terry Dupin a subi des moments difficiles, avec une séparation parentale lorsqu’il avait 7 ans et de nombreuses disputes violentes, précise Sud Ouest. Son père est mort en 2016. En 2017, le tribunal de Périgueux avait dressé le portrait d’un jeune homme sans contact avec sa mère et n’entretenant que très peu de relations avec son frère jumeau. Le médecin avait alors pointé un risque de récidive, car le prévenu se trouvait dans le « déni du désir de l’autre ».
Ancien militaire de terrain, Terry Dupin a servi de 2011 à 2016 dans l’armée de terre, au régiment d’infanterie de Brive. Il est parti dimanche avec un sac, ce qui laissait présager une préparation étudiée et, par conséquent, une traque potentiellement longue. Il était armé d’une carabine de chasse, une Winchester de calibre 30-30 dont il a fait usage à plusieurs reprises dans sa fuite contre les forces de l’ordre, endommageant des véhicules de la gendarmerie. « C’est un individu aguerri, endurant, il a l’habitude de vivre plusieurs jours en autonomie », avait souligné le général André Pétillot, commandant de la région de gendarmerie de Nouvelle-Aquitaine.
Dans l’entreprise de travaux publics de Dordogne où Terry Dupin travaillait depuis fin août en CDI, comme chauffeur de poids lourd, « jamais on ne se serait douté d’un truc comme ça », a déclaré à l’AFP la présidente de la société, qui veut rester anonyme. « C’était un employé modèle, on n’a rien à lui reprocher », « quelqu’un d’exemplaire, très calme, posé, poli, très respectueux », qui « dialoguait quand on avait envie de dialoguer ». « On savait qu’il avait été militaire », ajoute-t-elle, mais « on ne savait rien d’autre » sur cet homme qui travaillait encore vendredi.