L’Arctique s’est réchauffé bien plus vite que prévu
Au sud, un immense iceberg s’est détaché de l’Antarctique, le réchauffement climatique n’en semble pas la cause. Au nord, l’Arctique s’est réchauffé trois fois plus vite que la planète depuis 1971, bien plus vite qu’on ne le croyait jusqu’à présent, prévient un rapport du Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique (Amap) publié ce jeudi. L’augmentation générale des températures sur la planète est cette fois tout à fait à blâmer.
En moins d’un demi-siècle, de 1971 à 2019, la température moyenne annuelle dans cette région septentrionale a grimpé de 3,1 °C quand la planète se réchauffait au même moment de 1 °C, selon le document actualisé qui vient d’être publié. La précédente actualisation, datant de 2019, indiquait que le réchauffement dans l’Arctique atteignait « plus du double de la moyenne mondiale », un écart encore accentué en hiver.
Ces données alarmantes figurent dans un rapport actualisé de l’AMAP sur le changement climatique dans l’Arctique rendu public à l’occasion d’une réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique qui rassemble cette semaine à Reykjavik (Islande) les pays riverains de la région, parmi lesquels la Russie et les Etats-Unis.
Hausse des températures entre 3,3 °C et 10 °C d’ici la fin du siècle
Le rapport montre non seulement que le réchauffement a continué de s’accélérer ces dernières années, mais aussi que l’incidence et l’intensité des événements extrêmes ont augmenté. Les glaciers du Groenland ont continué de fondre, à un rythme plus soutenu, mais on a aussi vu des feux de forêt plus souvent dans l’Arctique.
« Dans la plupart des scénarios d’émissions (de gaz à effet de serre, NDLR), la grande majorité des modèles (…) laisse entrevoir avant 2050 un Arctique pour la première fois quasiment sans banquise en septembre », le mois où elle est généralement à son plus bas, alertent les auteurs, confirmant le cri d’alarme lancé en octobre dernier par les équipes de scientifiques qui s’étaient laissé dériver pendant 389 jours à bord du Polarstern.
Selon les projections citées par le rapport, les températures moyennes de l’Arctique devraient d’ici la fin du siècle grimper entre 3,3 °C et 10 °C au-delà de leur moyenne sur la période 1985-2014, le chiffre exact dépendant du volume des futures émissions de gaz à effet de serre.
Pourtant, assurent les chercheurs de l’AMAP, on peut agir. « Les décisions politiques et les progrès technologiques ont permis de réduire considérablement les émissions de pollution atmosphérique. Cela a déjà conduit à une amélioration de la qualité de l’air dans l’Arctique. Le potentiel de réduction des émissions à l’avenir reste important », écrivent-ils. Réduire les émissions de carbone, de méthane et d’ozone aura un impact sur le climat arctique « à court terme au cours des 20 à 30 prochaines années », insistent-ils, appelant les signataires de l’Accord de Paris sur le climat à tenir et améliorer leurs objectifs.