Martinez : Macron à Rodez «comme le prof dans une salle de classe»
Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a vivement critiqué, ce jeudi matin, sur France Inter, le débat sur les retraites organisé à Rodez autour d’Emmanuel Macron. « Les gens posent des questions, le professeur répond, c’est pas un débat contradictoire », a estimé le responsable cégétiste.
« Un débat contradictoire, c’est argument contre argument, c’est pas une salle de classe », a plaidé Philippe Martinez au micro de Léa Salamé, citant l’exemple de son propre échange avec le ministre Jean-Paul Delevoye lors de la récente fête de l’Humanité.
Le chef de l’État doit tenir jeudi soir pendant plus de trois heures un « grand débat » consacré aux retraites, reprenant dans l’Aveyron le format privilégié utilisé pour répondre à la crise des Gilets jaunes. Ce débat devait se tenir jeudi dernier mais a été reporté en raison du décès de Jacques Chirac.
« Je n’ai pas l’illusion de pouvoir le convaincre »
Après d’autres leaders syndicaux, le responsable de la CGT a rencontré mercredi le chef de l’Etat pendant « presque deux heures » à l’Élysée. « On n’a pas discuté que des retraites […]. Quand on ne se voit pas pendant presque deux ans et demi, on a plein de choses à se dire », a-t-il ironisé.
Sur la réforme des retraites, « je n’ai pas l’illusion de pouvoir le convaincre », a reconnu le secrétaire général de la centrale syndicale, qui a indiqué réfléchir à élargir le mouvement de grève illimité annoncé à la RATP à partir du 5 décembre.
« On travaille sur des mobilisations, des grèves interprofessionnelles mais on ne met pas de côté toutes les grèves qui existent aujourd’hui », a ajouté Philippe Martinez.
De son côté, FO a estimé dans un communiqué que le fait que « le président de la République juge nécessaire de s’investir lui-même sur le dossier des retraites, indique que malgré près de deux ans de concertations […] le gouvernement est loin d’avoir convaincu ».
« L’étape à venir prend, à l’évidence, aussi la forme d’une bataille de communication. FO ne la craint pas », a ajouté le syndicat qui prévoit « d’amplifier sa campagne d’information […] et maintenant de mobilisation ».
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