Prix des biscuits : le géant Mondelez, maison-mère de Lu et Oreo, visé par une enquête européenne
Milka, Toblerone, Côte-d’Or… Mondelez, le géant de l’agroalimentaire dont les marques garnissent nos placards, est dans le viseur de la Commission européenne. Bruxelles annonce ce jeudi l’ouverture d’une enquête contre le géant américain de l’agroalimentaire, propriétaire de marques comme Lu ou encore Oreo, soupçonné d’avoir restreint la concurrence sur plusieurs marchés nationaux du chocolat, des biscuits et du café.
Le but de l’enquête est « d’établir si Mondelez, un producteur de premier plan de ces denrées, a pu restreindre la libre concurrence sur les marchés concernés en mettant en oeuvre diverses pratiques entravant les flux commerciaux », explique la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, citée dans un communiqué. L’effet pour le consommateur est direct, une telle pratique « entraînant in fine une hausse de prix ».
La Commission craint que le groupe ait pu restreindre le « commerce parallèle » de ses chocolats, de ses biscuits et de son café entre certains États membres de l’UE « au moyen d’accords et de pratiques unilatérales ». Concrètement, Mondelez pourrait avoir empêché négociants et détaillants d’acheter des produits dans un Etat membre où le prix est le plus bas pour les revendre sur les marchés où les prix sont plus élevés, une pratique qui permet généralement de faire baisser les prix.
Mondelez promet de collaborer le temps de l’enquête
Cela pourrait avoir eu pour conséquence « de facturer des prix plus élevés aux dépens du consommateur », mais aussi de « réduire la diversité de l’offre de produits ». Les soupçons de la Commission l’avaient conduite à mener des inspections inopinées sur plusieurs sites européens de Mondelez en novembre 2019.
Le géant américain, dont le QG européen est situé à Glattpark près de Zürich (Suisse), est l’un des plus grands producteurs de chocolat, de biscuits et de café dans l’Union européenne. Il promet de collaborer pour faire la lumière sur ces soupçons. « Nous travaillerons de manière constructive avec la Commission européenne le temps de son enquête », réagit dans un communiqué une porte-parole de Mondelez.
Le groupe, qui a enregistré en 2019 un chiffre d’affaires de 25,9 Mds$ (21,4 Mds€) et un bénéfice net de 3,9 Mds$ (3,2 Mds€), doit dévoiler dans la soirée ses résultats financiers pour 2020. Issu de la scission des activités de Kraft Foods en 2012, il possède également la marque de fromage Philadelphia, la boisson Tang, ou les biscuits salés Tuc.
Dans un dossier similaire de pratiques anticoncurrentielles, le brasseur belgo-brésilien AB InBev, numéro un mondial du secteur, s’était vu infliger en mai 2019 une amende de 200 M€ par la Commission européenne. Bruxelles avait notamment jugé le groupe coupable d’avoir limité la possibilité pour les commerçants belges d’acheter sa bière Jupiler aux Pays-Bas, où cette marque phare est moins chère.