Hôpitaux publics en Seine-Saint-Denis : «Les soignants fuient, ils n’en peuvent plus d’être déconsidérés»
« Annoncer la création de lits de réa, ça ne sert à rien si derrière on n’embauche pas des gens pour s’occuper des malades », lâche excédé Patrice Vétéran, secrétaire CGT du comité technique de l’hôpital Robert-Bellanger, à Aulnay-sous-Bois. Devant lui, une petite centaine de personnes dont des politiques, des infirmiers et des aides-soignants. Tous réunis devant les portes de l’établissement, pour dénoncer la « politique salariale délétère » selon eux dans les hôpitaux.
Manque de moyens, manque de personnel… Un an après le début de la crise épidémique, rien ne semble avoir vraiment changé à l’hôpital public. Rien qu’à l’hôpital Ballanger, il manque une quarantaine d’infirmières selon la CGT. « Les soignants fuient, ils n’en peuvent plus d’être déconsidérés », explique Patrice Vétéran.
« Le jeu des primes est insupportable »
Le Segur de la santé et sa prime de 183 euros net par mois, n’a pas suffi à juguler l’hémorragie. La prime d’attractivité, réservée aux agents publics de Seine-Saint-Denis non plus. « Le jeu des primes est insupportable parce que tous les personnels n’y ont pas droit, ça divise. Avec l’augmentation des salaires de 183 euros, beaucoup sont au-dessus du salaire médian de 1 800 euros et ne peuvent pas bénéficier de la prime d’attractivité. D’autres n’ont pas le bon statut », détaille Patrice Vétéran.
Parmi les 2 060 agents que compte l’établissement, 600 ne bénéficient pas du statut de la fonction publique hospitalière. « Sans le statut, pas de prime », déplore Peggy, agent du service hospitalier. Après sept ans de service, elle n’a toujours pas été titularisée. « Le système est gelé donc on a aucune perspective d’évolution », déplore-t-elle.
« J’ai dû menacer de quitter l’hôpital pour l’obtenir », appuie de son côté Frédérique Charles Nicolas, brancardier, titularisé après 8 ans de service. « On nous dit qu’il manque des aides-soignantes et des infirmières mais on ne propose jamais à ceux qui travaillent déjà à l’hôpital comme les brancardiers ou ceux qui font le ménage au bloc de les former. Faut pas s’étonner que les gens soient découragés. »
Contactée en fin d’après-midi, la direction de l’hôpital ne nous a pas encore répondu.