«Si on n’a pas les Jeux l’an prochain…» : les craintes des athlètes français

Kevin Mayer « n’en peut plus ». Le champion du monde 2017 n’a plus terminé un décathlon depuis son record du monde (9 126 points), en septembre 2018. Il veut dévorer du tartan. Mais faudra encore être patient : alors qu’il avait prévu de s’aligner sur le 100 m et le 110 m haies du meeting de Marseille, ce jeudi, le Français ne participera qu’au lancer de disque. La faute à « une petite gêne au mollet. »

Hors de question de compromettre sa qualification pour les JO de Tokyo. Il espère atteindre les minima les 18 et 19 décembre prochain, à Saint-Paul, à La Réunion. « C’est un gros projet, explique le décathlonien, qui a monté ce meeting avec son ancien coach. C’était un peu flou avec le coronavirus, ça l’est beaucoup moins. Mais on n’est pas encore sûrs de pouvoir y aller. »

Le natif d’Argenteuil a pourtant besoin de ce défi : « Les gens qui me connaissent savent qu’en championnat, je ne suis plus la même personne. La Réunion, ça va être une libération et les JO seront l’expression pure de ce que j’ai envie de faire », lance le vice-champion olympique. Mais les Jeux auront-ils lieu? Des sondages publiés en juillet indiquent qu’une majorité de Japonais souhaite que les JO de Tokyo soient de nouveau reportés, voire annulés.

« Les JO me trottent dans le cerveau comme jamais, martèle Kevin Mayer. Mais s’ils sont annulés, je ferai avec. » Le recordman du monde ne regarde plus les informations depuis le début de la pandémie : « je sais que Montpellier est en zone rouge, c’est suffisant. » Il raconte avoir changé de philosophie lors des Championnats du monde de Doha, en 2019. Il souffrait du talon d’Achille : « Je savais que je n’allais pas terminer le décathlon, alors j’ai profité de l’instant, de l’événement. C’est incroyable ce que l’on vit! »

« Si on n’a pas les Jeux, plein de trucs s’écroulent »

Pascal Martinot-Lagarde, autre figure de proue de l’athlétisme français, n’a pas adopté ce stoïcisme. Une éventuelle annulation des Jeux « l’inquiète ». « Si on n’a pas les Jeux, plein de trucs s’écroulent. C’est une ligne potentielle en moins sur le palmarès, une catastrophe au niveau des sponsors… Toute une industrie s’écroulerait. », annonce-t-il.

Le coureur de 110 m haies pense que le Covid-19 l’a privé d’une belle opportunité. En 2019, il a remporté une médaille de bronze aux Championnats du monde de Doha : « J’étais sur une lancée superintéressante, ça m’avait donné beaucoup d’espoir pour la suite. C’est trop dommage que les Jeux aient été reportés. » On devine le rictus sous le masque chirurgical. « PML » soupire : « Si on n’a pas les Jeux… C’est comme si on nous enlevait un organe! »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *