Hautes-Alpes : le forcené retranché depuis 24 heures a été tué lors d’une intervention du GIGN
La situation s’est conclue par un drame. L’homme de 48 ans qui s’était retranché chez lui, dans les Hautes-Alpes, depuis mardi après-midi, a été tué lors d’une intervention du GIGN ce mercredi, en fin de matinée. « L’homme a été interpellé suite à l’action du GIGN qui a été contraint d’opérer un tir pour le neutraliser au regard de son comportement menaçant », a expliqué le procureur de la République de Gap, Florent Crouhy, précisant qu’il n’y avait « pas eu d’assaut. ».
L’homme exhibait un fusil de chasse sur le pas de la porte, avant de menacer de tirer si la gendarmerie intervenait. Le GIGN d’Orange était arrivé mardi soir sur place avec un négociateur. Mercredi matin toutefois, « le contact (était) difficile, voire quasi inexistant ». Vers 11h30, « c’est lui qui est sorti » devant l’habitation, comme il l’avait fait à plusieurs reprises durant la nuit, a déclaré le procureur. « Là, il a manipulé son arme depuis l’extérieur, les gendarmes se sont approchés pour tenter de l’appréhender, et là, il a pointé son arme » vers les forces de l’ordre, qui ont tiré.
Une enquête a été ouverte et confiée à la section de recherches de Marseille, pour « déterminer les circonstances exactes de la riposte du gendarme qui a tiré et qui, à ce stade, paraît adaptée à la situation de danger dans laquelle se trouvaient les gendarmes au moment de l’intervention », a annoncé le procureur. Une autopsie du forcené doit être pratiquée dans les prochains jours.
Suivi pour des troubles psychiatriques
Mardi après-midi, l’individu a visiblement connu un différend familial avec sa mère, avec laquelle il vit à Saint-Étienne-le-Laus, au sud-est de Gap. Le procureur a fait part d’un « conflit préexistant, d’une mésentente familiale », mais il ne savait pas ce qui a provoqué l’incident de mardi après-midi.
La situation de Nicolas C., suivi pour des troubles psychiatriques et déjà hospitalisé sous contrainte à plusieurs reprises, avait déjà nécessité des interventions des forces de l’ordre, a ajouté le magistrat. Il avait été condamné pour outrage et, en Italie en 2015, pour port d’arme. « Mais tout n’est pas judiciaire », a souligné Florent Crouhy, « la famille était connue pour ne pas vivre en grande sérénité ». La mère et la sœur du forcené étaient présentes à la mairie du village, transformée en poste de commandement par les autorités.
« C’est triste, la schizophrénie, c’est dur. Nicolas ne prenait pas ses médicaments », a confié une habitante qui l’a bien connu. « Son père était chasseur, il y avait des armes dans la maison familiale », a poursuivi la jeune femme, encore sous le choc après le triste dénouement.
Une trentaine de militaires – dont l’antenne du GIGN d’Orange – ainsi que le Groupe de recherche et d’extraction (Grex) des sapeurs-pompiers étaient mobilisés depuis mardi.